24.3955
Préserver la langue française en évitant bureaucratie et coûts inutiles
Riniker Maja · P-F · Conseil national · Argovie · Groupe libéral-radical
Antrag der Mehrheit
Annahme der Motion
Antrag der Minderheit
(Paganini, Glarner, Glättli, Jost, Knutti, Nantermod, Pfister Gerhard, Schilliger, Steinemann, Wasserfallen Christian)
Ablehnung der Motion
Proposition de la majorité
Adopter la motion
Proposition de la minorité
(Paganini, Glarner, Glättli, Jost, Knutti, Nantermod, Pfister Gerhard, Schilliger, Steinemann, Wasserfallen Christian)
Rejeter la motion
Präsidentin (Riniker Maja, Präsidentin): Sie haben einen schriftlichen Bericht der Kommission erhalten.
Addor Jean-Luc · Mit-M · Conseil national · Valais · Groupe de l'Union démocratique du Centre
"Préserver la langue française en évitant bureaucratie et coûts inutiles": il y a des cas où le titre d'une intervention parlementaire peut être jugé trompeur, où l'on peut estimer que le titre vend autre chose que le texte de l'intervention parlementaire. Dans le cas présent, c'est un peu l'inverse.
Il vaut la peine de lire attentivement la motion déposée par M. Carlo Sommaruga, car ce dernier, en effet, ne parle pas seulement de la langue française, mais bien des langues officielles suisses qui, selon l'article 70 alinéa 1 de la Constitution fédérale, sont, je le rappelle, le français, l'allemand et l'italien.
De quoi s'agit-il pour le surplus ? De maintenir comme langue de travail avec les institutions et organisations internationales les langues officielles suisses lorsque celles-ci sont également des langues officielles au sein de ces institutions ou organisations.
La question n'est pas d'adopter une espèce de posture pleurnicharde de Romand ou de Latin persécuté par les Alémaniques, car cette problématique nous concerne effectivement toutes et tous autant que nous sommes dans ce Parlement. Ce n'est pas directement un enjeu de cohésion nationale, puisqu'il s'agit de communication avec l'extérieur, avec l'étranger, mais il y a bel et bien un enjeu, à savoir la défense de nos langues. Je suis fier, évidemment, de parler français, auch wenn ich versuche, ein wenig Deutsch zu sprechen, o anche un po' di italiano.
C'est - et cela doit rester - l'honneur d'un Suisse que de parler l'une ou l'autre des langues officielles suisses. Malgré l'avis qu'ils avaient exprimé en somme dans le sens de ce qui est demandé par l'auteur de cette motion, dans la consultation préalable à une évaluation de la Suisse par le Groupe d'action financière (Gafi), le Ministère public de la Confédération et l'Office fédéral de la justice se sont hélas résignés à l'usage de l'anglais.
Cependant, le problème subsiste. Il est même plus vaste. Il ne concerne pas seulement le cas particulier de la procédure avec le Gafi. Il est révélateur d'une problématique qui risque de se renouveler plus souvent à l'avenir, car nous assistons tous à la progression de l'anglais, dans tous les domaines, plus précisément à une forme d'américanisation qui se propage depuis un certain nombre d'années dans les enceintes internationales. Ne nous y trompons donc pas : ne nous focalisons ni sur le Gafi ni sur la langue française en particulier.
Le Conseil fédéral soutient que l'objectif de la motion serait atteint. Ce n'est manifestement pas le cas. Le Conseil fédéral, comme la minorité de la commission, se méprend sur la volonté de l'auteur de la motion : l'objectif n'est pas d'interdire. M. Carlo Sommaruga ne se prend pas pour une sorte de nouveau Moïse qui descendrait du Sinaï, avec, gravée dans les Tables de la loi, l'interdiction absolue imposée dans tous les cas de communiquer en anglais. Il n'ignore pas que l'objectif de nos représentants à l'étranger, qu'il s'agisse de parlementaires, d'ambassadeurs ou de négociateurs, est d'être compris. En faisant preuve de bon sens et de flexibilité, il s'agit plutôt de donner une ligne directrice au Conseil fédéral, à l'administration et à nos représentants à l'étranger.
Le Conseil des États, avant nous, a reconnu la légitimité de cet objectif ; par 14 voix contre 9 et 1 abstention, la commission de notre conseil vous propose d'en faire autant.
Paganini Nicolò · Mit-M · Conseil national · St-Gall · Le Groupe du Centre. Le Centre. PEV.
Der Motionär, Ständerat Carlo Sommaruga, ist verärgert. Er ist verärgert, weil das Länderexamen der Groupe d'action financière (Gafi) künftig in Englisch durchgeführt werden soll. Das kann man natürlich gut oder schlecht finden. Man darf das auch kritisieren. Für die Schweiz mit ihrer sprachlichen Vielfalt bzw. mit ihren sprachlichen Minderheiten sind solche Fragen wichtig.
Je tiens à le souligner expressément : si, dans la question qui nous occupe, j'accorde plus d'importance à la défense optimale des intérêts de la Suisse dans les instances internationales qu'à la demande de l'auteur de la motion, ce n'est en aucun cas une manière de mépriser nos quatre langues nationales. Elles sont importantes et nous en prenons soin à l'aide de nombreux instruments.
Sie reichen von der Verankerung in der Bundesverfassung über die mehrsprachige Kommunikation der Bundesverwaltung, die finanzielle Förderung der Minderheitensprachen, Massnahmen im Bildungsbereich wie Austauschprogramme und Fremdsprachenunterricht bis zur Kultur- und Medienpolitik.
Vorliegend stellt sich die Frage, ob der Motionär seinen Ärger in die richtigen Bahnen lenkt, und da kann die Antwort nur Nein lauten. Konkret würde das Parlament unseren Bundesratsmitgliedern, dem Diplomatencorps und allen Verwaltungsangestellten verbieten wollen, in Organisationen, in welchen Deutsch, Französisch, Italienisch oder Rätoromanisch eine Amtssprache ist, eine andere Sprache als eine Schweizer Landessprache zu schreiben oder zu sprechen. Oder, um das Kind beim Namen zu nennen, im Rahmen dieser Organisationen dürfte von ihnen nicht mehr Englisch gesprochen und geschrieben werden.
Sie können sich sehr gut vorstellen, dass dieses Englisch-Rede-und-Schreib-Verbot zahlreiche Organisationen betreffen würde, denn in vielen ist glücklicherweise eine Schweizer Landessprache, meistens Französisch, eine Amtssprache. Meine Liste ist nicht abschliessend: Unter anderem im Rahmen der OECD, der OSZE, der UNO und ihrer Unterorganisationen, der EU, des IWF und der WTO dürften Schweizer Vertretungen nicht mehr Englisch reden. Ein Bundesratsmitglied oder auch der Präsident unserer Notenbank dürften also im Rahmen des jährlichen Treffens von IWF und Weltbank mit dem US-Finanzminister oder dem Präsidenten der US-Notenbank nicht mehr Englisch sprechen. Lieber brächte man dann, mit hohen Kosten verbunden, eine Dolmetscherin oder einen Dolmetscher mit. Das kann doch nicht unser Ernst sein. Unsere Bundespräsidentin dürfte im Rahmen der EU etwa mit der dänischen Ministerpräsidentin oder der EU-Aussenbeauftragten nicht Englisch sprechen, auch wenn alle anderen Teilnehmer einer Verhandlungsrunde dies tun. Einzig die Schweiz müsste, mit Kosten verbunden, einen Dolmetscher dabeihaben.
Der Motionär hat die Vermeidung unnötiger Kosten in den Titel seiner Motion aufgenommen. Es wäre jedoch das Gegenteil der Fall: Es würden unnötige Kosten generiert. Aber noch wichtiger ist, dass diese Motion eine falsche Priorität setzt. Oberste Priorität muss auf dem internationalen Parkett doch die Durchsetzung von Schweizer Interessen haben. Ich sage nicht, dass dies nur auf Englisch möglich ist. Aber mit diesem Mikromanagement-Vorstoss, mit dem wir unseren Vertreterinnen und Vertretern in internationalen Gesprächen und Verhandlungen enorm viel Spielraum wegnehmen, tragen wir nicht zur Stärkung, sondern zur Schwächung der Schweizer Interessenwahrung bei. Die Pflege unserer vier Landessprachen ist für unser Land zentral. Wir haben dafür viele Möglichkeiten und nutzen sie auch. Aber diese Motion ist ein Versuch am untauglichen Objekt.
Ich bitte Sie deshalb im Namen der Minderheit der Kommission, die Motion abzulehnen.
Keller-Sutter Karin · BPR-F · Conseil fédéral · St-Gall
La présente motion touche un sujet important. Le plurilinguisme est un aspect essentiel de l'identité de la Suisse. Il est un atout au niveau international. Le Conseil fédéral ne conteste nullement ces faits. Néanmoins, au nom du Conseil fédéral, je vous prie de suivre la minorité de votre commission et de rejeter la motion.
Englisch stellt auf internationaler Ebene heute die Lingua franca dar. Die grosse Mehrheit der internationalen Verhandlungen, Gespräche, Treffen und informellen Kontakte findet auf Englisch statt. Herr Paganini hat gerade Beispiele dafür gebracht. Er hat gesagt, ich könnte dann mit der dänischen Ministerpräsidentin und der EU-Aussenbeauftragten nicht mehr Englisch reden. Ja, in der EU sind Deutsch, Französisch und Italienisch auch Amtssprachen. Ich habe mit Frau Frederiksen und mit Frau Kallas aber auf Englisch gesprochen. Wenn man den Wortlaut der Motion umsetzen würde, dann dürfte ich das nicht mehr. Es ist absurd, dass man den direkten Zugang, den man hat, wenn man die gleiche Sprache beherrscht, nicht mehr soll nutzen können. Mir fällt spontan ein Treffen ein mit dem ehemaligen EU-Kommissar Paolo Gentiloni. Herr Gentiloni und ich beherrschen Amtssprachen der Schweiz, aber es waren auch Mitarbeiter am Tisch, und deshalb haben wir Englisch gesprochen. Das wäre nicht mehr möglich. Aufgrund meiner Erfahrung - ich habe jetzt ein paar Jahre Erfahrung auf der internationalen Ebene - weiss ich: Wenn man mit diesen Leuten direkt sprechen kann, dann erreicht man einfach auch mehr. Im Finanzbereich ist das ganz prominent der Fall: Nur auf Englisch werden unsere Argumente von den allermeisten Partnern direkt und nicht nur teilweise oder indirekt über eine Übersetzung wahrgenommen.
Sie wissen, unser Land fördert, wenn immer möglich, die französische Sprache im internationalen Bereich. Der Bundesrat erachtet das Anliegen insofern als erfüllt, als wir immer dort, wo wir können, selbstverständlich auch die Amtssprachen der Schweiz berücksichtigen. Wie darüber hinaus eine Umsetzung genau aussehen könnte, bleibt unklar. Wäre das in einem Gesetz oder in einer Weisung festgehalten?
Einer der Beweggründe für die Motion scheint der Entscheid zu sein, dass kommende Länderexamen der Schweiz durch die Financial Action Task Force (FATF) in Englisch durchzuführen sind. Hierzu muss man sagen, dass die stark betroffenen Behörden, die MROS beispielsweise, das SIF und auch die Finma - Herr Addor hat zwar das BJ und die Bundesanwaltschaft genannt -, für Englisch waren. Übrigens arbeiten dort nicht vorwiegend Mitarbeitende französischer, sondern in der Regel Mitarbeitende deutscher Muttersprache - wie ich es auch bin -, für die Englisch auch eine Fremdsprache ist.
Ich möchte Sie bitten, die Motion abzulehnen. Die heutige Praxis ist pragmatisch und hat sich bewährt.
Molina Fabian · Mit-M · Conseil national · Zurich · Groupe socialiste
Vielen Dank, Frau Bundespräsidentin. Einfach damit Klarheit herrscht und weil Sie mich jetzt mit Ihrer, wie Sie sagen, wortwörtlichen Auslegung der Motion doch auch etwas verunsichert haben: Herr Sommaruga verlangt ja, dass der Bundesrat im Verkehr mit internationalen Institutionen und Organisationen weiterhin Französisch spricht, wenn es eine Amtssprache der entsprechenden Institution oder Organisation ist. Sie haben jetzt gesagt, dass Sie in einem bilateralen Gespräch mit Frau Frederiksen oder Herrn Gentiloni dann nicht Englisch sprechen könnten. Aber für bilaterale Gespräche gilt diese Motion meiner Meinung nach nicht. Es geht vielmehr darum, dass im schriftlichen Verkehr die offizielle diplomatische Sprache benutzt wird, also Französisch. Wie kommen Sie zu Ihrer Auslegung der Motion?
Keller-Sutter Karin · BPR-F · Conseil fédéral · St-Gall
Herr Nationalrat Molina, ich beziehe mich auf den Text. Ich lese ihn vor, es steht nichts von "schriftlich": "Der Bundesrat wird beauftragt, im Verkehr mit internationalen Institutionen und Organisationen als Arbeitssprachen weiterhin die schweizerischen Amtssprachen zu verwenden, wenn diese auch Amtssprachen der betreffenden Institutionen und Organisationen sind." Französisch ist auch Amtssprache in der EU; Italienisch ist auch Amtssprache in der EU; Englisch ist immer noch Amtssprache in der EU, aber nicht in der Schweiz. Wenn hier steht: "die schweizerischen Amtssprachen zu verwenden", dann gehe ich davon aus, dass das nicht Englisch ist.
Addor Jean-Luc · Mit-M · Conseil national · Valais · Groupe de l'Union démocratique du Centre
Si j'ose, Madame la présidente de la Confédération, c'est vrai que nous pouvons nous honorer d'avoir en votre personne quelqu'un qui parle presque mieux le français que moi, d'ailleurs - c'est presque ça -, et qui parle toutes les langues. Pour autant, je ne comprends pas pourquoi le Conseil fédéral s'obstine à faire semblant de ne pas comprendre que l'objectif de cette motion n'est pas d'interdire la pratique de l'anglais dans certains cas, par exemple, quand vous, comme présidente de la Confédération, le jugez plus efficace. Au contraire, elle vise à fixer des lignes directrices. C'est pour le quotidien et, parfois, il y aurait des exceptions que même M. Sommaruga et quelques autres, dont je fais partie, pourraient tolérer, ne croyez-vous pas ?
Keller-Sutter Karin · BPR-F · Conseil fédéral · St-Gall
Je ne sais pas ce que vous allez tolérer. Le Conseil fédéral se base toujours sur le texte de la motion et le texte seul fait foi. Si vous étiez d'accord de dire, par exemple, que pour le rapport sur les pays dans le cadre du Groupe d'action financière (Gafi) - c'est dans ce contexte que la motion a été déposée -, on utilise aussi l'anglais, ce serait tout à fait pragmatique. Ce que veut le Conseil fédéral - c'est sa première motivation -, c'est représenter et défendre les intérêts de la Suisse le mieux possible. Or, parfois, c'est le cas si vous parlez directement anglais. Si votre interlocuteur vous comprend directement, c'est plus facile, car il arrive aussi à lire entre les lignes.
C'est pour cela que le Conseil fédéral propose le rejet de la motion. Il trouve en effet qu'elle est assez rigide. Si, par suite de son éventuelle adoption, l'interprétation n'est pas aussi rigide, j'espère qu'il n'y aura pas de motions qui suivront sur la base de l'argument qu'on ne l'aurait pas mise en oeuvre. Le souci du Conseil fédéral est vraiment de défendre les intérêts de la Suisse le mieux possible.
Vote
Präsidentin (Riniker Maja, Präsidentin): Die Mehrheit der Kommission beantragt die Annahme der Motion. Eine Minderheit Paganini und der Bundesrat beantragen die Ablehnung der Motion.
Abstimmung - Vote
Für Annahme der Motion ... 93 Stimmen
Dagegen ... 81 Stimmen
(15 Enthaltungen)