21.9006
Débat d'actualité. Pandémie de Covid-19
Feller Olivier · Mit-M · Conseil national · Vaud · Groupe libéral-radical
Le débat d'actualité de ce jour, consacré au processus de vaccination n'est probablement pas inutile. Cela étant, le groupe libéral-radical estime qu'il est trop tardif. Nous aurions souhaité que ce débat ait lieu au mois de décembre dernier. Nous avions d'ailleurs déposé le 3 décembre 2020 une question urgente concernant la stratégie de vaccination du Conseil fédéral. Malheureusement, un débat urgent sur cette question pourtant essentielle a été refusé à l'époque.
La question de la vaccination est essentielle. C'est au travers d'un processus de vaccination efficace que notre pays pourra surmonter la crise sanitaire liée au Covid-19 ainsi que les difficultés économiques, sociales et psychologiques qui en résultent. C'est par le biais d'un processus de vaccination rapide et structuré que nous pourrons atteindre d'ici l'été prochain une immunité collective de la population, préalable indispensable pour rétablir une certaine normalité dans la vie en société.
La population, les entreprises, les milieux culturels et du sport ont besoin de perspectives, ont besoin d'indicateurs leur permettant de se projeter dans l'avenir, de planifier leurs activités. C'est ce que le PLR réclame depuis de nombreuses semaines, depuis de nombreux mois au travers d'un plan d'action reposant sur trois piliers: protéger, indemniser, vacciner. A cet égard, le groupe libéral-radical remercie le Conseil des Etats et notre conseil d'avoir accepté cette semaine - et même tout à l'heure s'agissant de notre conseil - d'inscrire dans la loi Covid-19 la possibilité pour la Confédération non seulement d'acquérir des vaccins, mais aussi d'en faire produire dans notre pays. Il s'agit d'une avancée non négligeable dans la stratégie de lutte contre la propagation du coronavirus.
Il ne s'agit d'ailleurs pas d'étatiser la production de vaccins, contrairement à ce qu'a affirmé notre collègue Fabian Molina, il s'agit au contraire de favoriser des partenariats public-privé entre les collectivités publiques et les entreprises capables de produire des vaccins en Suisse, le cas échéant au travers d'une ligne de production spécifique à notre pays.
Le groupe libéral-radical reste toutefois très dubitatif concernant l'efficacité du processus de vaccination mis en place par la Confédération. Certains se réjouissent de la situation dans laquelle se trouve la Suisse en matière de vaccination. C'est le cas du Conseil fédéral qui estime, dans une réponse à une question posée par le groupe libéral-radical lundi dernier, que la Suisse "est très bien positionnée sur le plan international". Il est vrai que si l'on se réfère au nombre d'injections de doses de vaccin pour 100 habitants, la Suisse est mieux positionnée, par exemple, que la Russie, le Brésil et le Canada.
D'autres, comme le PLR, s'inquiètent de la situation dans laquelle se trouve notre pays. Sur le plan international, nous sommes en effet moins bien positionnés que, par exemple, la Turquie, le Maroc, la Serbie, le Chili, les Etats-Unis et, bien sûr, la Grande-Bretagne et Israël. Nous sommes d'autant plus préoccupés par les résultats moyens, voire médiocres, obtenus jusqu'à présent par la Suisse en matière de vaccination que le Conseil fédéral a précisé lundi dernier, en réponse à une autre question posée par le groupe libéral-radical, que la population ne pourrait être vaccinée d'ici le mois de juin qu'à certaines conditions strictes qui risquent de ne pas être remplies. Nous nous demandons dès lors si les communications publiques volontaristes du Conseil fédéral concernant la vaccination ne reposent pas davantage sur un certain goût pour les effets d'annonce que sur une stratégie maîtrisée. L'avenir nous le dira.
En l'état,le groupe libéral-radical vous recommande d'accepter la motion 20.3249 visant à autoriser les pharmacies à réaliser des tests sérologiques. Certes, les tests sérologiques ne sont aujourd'hui pas encore entièrement fiables, mais il est très probable qu'ils le seront à brève échéance. De tels tests pourraient s'avérer très utiles, par exemple en cas de pénurie de vaccins ou en vue de réaliser des études sur la durée d'efficacité des vaccins. Certains cantons, comme le canton de Vaud, sont d'ailleurs en train de mener des réflexions en vue de recourir davantage aux tests sérologiques. Dans ce contexte, les pharmacies sont à l'évidence des acteurs de proximité du système de santé prêtes à contribuer à l'effort collectif de lutte contre le Covid-19.
Le groupe libéral-radical vous invite à accepter cette motion.
Berset Alain · BR-M · Conseil fédéral · Fribourg
Par rapport aux interpellations qui ont été déposées mais également en lien avec la motion que M. Feller vient de présenter, j'aimerais tout d'abord évi demment me référer aux réponses écrites du Conseil fédéral, mais néanmoins saisir l'occasion pour apporter quelques réflexions complémentaires suite à votre débat sur la situation que nous vivons.
Comme nous le savons - et j'ai eu l'occasion avec mon collègue Ueli Maurer de vous le rappeler lors du débat d'il y a une semaine - cela fait maintenant une année que notre pays est confronté à une crise sanitaire extraordinaire. C'est quelque chose que nous n'avons pas souhaité, que nous avons toujours su possible, en espérant que cela ne se produise pas, et nous avons constaté dans l'intervalle que nous ne sommes de loin pas le seul pays au monde à être confronté à cette situation qui a une dimension planétaire. J'ai aussi eu l'occasion de vous rappeler que nous avions appris beaucoup de choses durant l'année écoulée, et que nous avons surtout appris que gérer une crise sanitaire, c'est d'abord gérer la pénurie d'un bout à l'autre du processus, mais c'est également tenter de gérer l'incertitude et l'insécurité qui dominent dans une telle situation.
Nous avons appris l'existence du virus au début de l'année dernière. A ce moment-là, nous n'avions encore aucune idée de l'énorme impact que cela allait avoir sur notre pays et sur notre vie. Nous n'avions alors que très peu d'informations et nous avons commencé, comme d'ailleurs de nombreux autres pays, par réagir de la seule manière avec laquelle nous pouvions réagir, c'est-à-dire en prenant des mesures. Il s'agissait de mesures rigoureuses - cela a été rappelé dans l'une des interpellations -, des mesures inédites dans notre pays mais qui, il faut le souligner ici, sont prévues par la Constitution et par les lois de notre pays pour faire face à une telle situation.
Même si la stratégie de lutte contre la pandémie a été au départ basée sur un seul pilier, on peut dire qu'elle a été couronnée de succès. Nous avons pu rapidement, l'année dernière, faire baisser le nombre d'infections. Nous avons pu éviter une surcharge du système de santé après avoir vu ce que cela pouvait signifier dans des pays voisins, très près de chez nous. Nous avons en parallèle bien sûr, l'an dernier déjà à partir des mois de mars et avril, commencé à mettre en place toutes les stratégies possibles pour évoluer vers une stratégie reposant sur la vaccination et sur l'augmentation du nombre de tests pour lutter contre la pénurie et pour tenter d'améliorer continuellement la situation de notre pays.
Ce que l'on peut dire, c'est que depuis lors, depuis l'année dernière, un immense travail a été accompli par les professionnels de la santé, évidemment; un immense travail a été accompli par les scientifiques. Il suffit de penser, pour s'en convaincre, au fait que nous avons injecté les premiers vaccins dans notre pays dès le mois de décembre, alors que cela paraissait totalement impensable il y a encore moins d'une année. D'immenses efforts ont été réalisés par l'industrie. Et je ne pense pas seulement à l'industrie qui produit les tests et les vaccins, mais aussi à toutes celles et ceux qui ont garanti l'approvisionnement dans notre pays de manière constante durant la crise. Il faut se souvenir des craintes que nous avions, il y a encore une année, par rapport à l'approvisionnement en produits de base pour notre pays, alors que l'ensemble de la planète était confronté à cette situation. Un immense travail a également été réalisé par les cantons et par les institutions fédérales - et j'aimerais ici me permettre d'y ajouter l'administration fédérale -, et enfin par l'ensemble de la population suisse et l'ensemble des acteurs économiques et sociaux de notre pays.
Grâce à cet engagement exceptionnel, nous avons aujourd'hui, bientôt au printemps 2021, beaucoup plus de possibilités qu'il y a une année. Nous connaissons beaucoup mieux la situation. En même temps, nous avons tellement appris que nous savons également qu'il est toujours risqué et dangereux de perdre le contrôle de la pandémie et que nous devons toujours être attentifs à cette dernière, qui continue de se développer et d'exister dans notre pays.
Aujourd'hui, notre stratégie ne repose plus sur un seul élément, à savoir sur les mesures de réduction des contacts, comme c'était le cas il y a une année. Aujourd'hui, notre stratégie repose sur trois piliers: les mesures de réduction des contacts, qui continuent d'être importantes, mais également la stratégie de tests et de dépistage et la vaccination qui se développe. Le but du Conseil fédéral avec cela est très simple. Le Conseil fédéral souhaite simplement, depuis le début, que la vie sociale et économique redevienne normale le plus vite possible. Nous sommes convaincus que pour ce faire, les stratégies de vaccination et de dépistage sont extrêmement importantes. Elles doivent être aussi suffisamment solides et développées, pour que nous puissions renoncer aux mesures de protection. Comme vous le voyez aujourd'hui, ce n'est pas encore le cas.
Nous suivons l'évolution de la situation, non seulement chez nous mais aussi dans le reste du monde et dans les pays voisins. Certains indices permettent de penser qu'une troisième vague est possible et pourrait nous toucher. Nous savons aussi que nous avons la possibilité d'agir pour décider comment nous souhaitons affronter cette situation. Souhaitons-nous laisser aller les choses, avec une vague qui serait plus forte et une situation problématique plus longue ou souhaitons-nous agir pour tenter d'en garder un certain contrôle? Nous constatons également à quel point le système de santé dans certaines régions proches - en Italie ou en France - peut de nouveau rapidement être surchargé ou mis à rude épreuve.
Pour parler des mesures en cours aujourd'hui, le premier pilier - et c'est nouveau - est une stratégie basée sur les risques. Le Conseil fédéral a toujours dit que nous pouvons tenir compte de l'intensification de la campagne de vaccination et de la campagne de tests, ce qui nous a permis de faire un pas important au début du mois de mars malgré une situation très instable.
Vous nous avez demandé - le Parlement nous a demandé -, et les cantons ont également soutenu cette approche, d'agir de façon à ce que toute évolution soit fondée sur des critères fiables. A cette fin, nous avons indiqué quels pourraient être ces critères et nous les avons mis en place. Ils ont été mis en consultation au mois de février et personne n'a émis de critiques quant à ces critères. Cela permet d'avoir une certaine idée de la situation.
Aujourd'hui, nous devons constater que trois des quatre critères mis en place en février ne sont déjà pas remplis. C'est pour cette raison que nous devons observer la situation de manière très fine. Nous avons également toujours dit que nous refusons les automatismes et que nous souhaitons que les critères servent d'orientation, sans qu'ils aboutissent à des automatismes pour décider des réouvertures ou des fermetures.
Cela dit, la situation aujourd'hui n'est pas très bonne. Elle se dégrade. M. Glättli et d'autres en ont parlé dans leurs interventions. Le Conseil fédéral se repenchera sur la situation à la fin de cette semaine pour voir ce qu'il sera possible de faire en constatant que, jour après jour, on en apprend toujours un peu plus sur l'évolution de la situation.
Un deuxième élément sur lequel je ne vais pas m'attarder trop longtemps concerne le dépistage et la stratégie de tests. Depuis lundi, les tests antigéniques sont gratuits pour toute la population, y compris pour les personnes qui n'ont pas de symptômes. Tous les autres tests sont pris en charge, y compris les tests PCR pour les personnes qui ont des symptômes. Les tests que l'on peut réaliser soi-même ne sont pas encore disponibles, mais nous espérons les avoir très bientôt à disposition afin de mieux suivre l'évolution de la situation. C'est un élément extrêmement important. Nous souhaitons véritablement que les tests et le dépistage puissent se développer de manière à ce que nous puissions accompagner et comprendre le mieux possible l'évolution de la pandémie.
Le troisième pilier est la vaccination. Nous avons commencé, depuis le début de l'année, depuis même la fin de l'année dernière, une campagne de vaccination. Elle est porteuse, évidemment, de beaucoup d'espoir. Nous savons que les vaccins constituent notre meilleure chance de sortir de la crise. Le Conseil fédéral a très tôt - l'année passée, déjà au printemps -, pris des mesures, à partir des propositions faites pour orienter la stratégie de vaccination, dont l'élaboration avait déjà commencé à la fin du mois de février et au début du mois de mars. Cela fait donc plus d'une année que nous y travaillons et que le Conseil fédéral s'implique de manière régulière pour prendre des décisions.
Nous avons mis en place trois orientations stratégiques pour promouvoir le développement des vaccins et garantir l'approvisionnement de la population suisse. Premièrement, nous avons fait des réservations et des achats sur le marché mondial, via des contrats directs entre la Suisse et des producteurs de vaccins. Deuxièmement, nous collaborons avec d'autres pays, et notamment avec l'Union européenne, pour acheter des vaccins. Troisièmement, nous participons à des projets internationaux pour la recherche, l'achat et la distribution équitable des vaccins à tous les pays, c'est l'initiative Covax.
Nous avons en outre choisi et mis en place une politique diversifiée en matière d'approvisionnement. Nous misons sur différentes entreprises, différents produits, différents types de produits, afin de réduire les risques. Ainsi, si une entreprise ou le développement d'un produit devait connaître des difficultés, cela ne remettrait pas en cause l'accès de notre pays à la vaccination.
J'aimerais vous rappeler qu'au moment où nous avons dû prendre ces décisions, il y a une année, il y avait plus de 120 projets sérieux qui paraissaient pouvoir aboutir au développement d'un vaccin. Nous avons su très vite qu'il n'y aurait pas 120 produits sur le marché à la fin et nous avons donc dû prendre des risques pour identifier quels étaient les produits qui avaient des chances d'aboutir à un vaccin ayant une efficacité élevée, et ainsi offrir à notre pays une bonne situation. Nous savons aujourd'hui, plusieurs mois après avoir dû prendre ces décisions, que les vaccins à ARN, notamment de Pfizer/Biontech et de Moderna, sont très efficaces.
Ils sont très efficaces, et nous avons acheté près de 20 millions de doses de vaccins produits par ces deux fabricants. Nous sommes donc, je peux le dire ici, bien placés en ce qui concerne l'acquisition des vaccins qui ont été les premiers à être mis sur le marché et qui sont les plus efficaces actuellement. Nous avons aussi bien sûr acheté des vaccins auprès d'autres producteurs, et nous aurons l'occasion durant les prochains mois - ce n'est pas une campagne simple, mais un exercice logistique énorme, aussi pour les cantons - de poursuivre le développement de cette stratégie.
Ces derniers jours, il a beaucoup été question de Lonza. Je saisis l'occasion pour vous en dire quelques mots encore. Comme vous le savez, nous sommes en contact permanent avec l'ensemble des entreprises qui sont actives dans le domaine; cela concerne aussi, bien sûr, les entreprises du secteur pharmaceutique. J'ai l'occasion de redire que les contacts avec Lonza ont toujours été excellents. Nous sommes très fiers d'avoir dans notre pays une entreprise qui a été choisie par le producteur de l'un des vaccins les plus efficaces afin de participer à sa production en prenant en charge l'une des étapes de la chaîne de production. Les contacts avec Lonza nous ont permis de comprendre que l'entreprise Moderna était arrivée avec un produit, un produit que nous espérions efficace - on n'en savait rien à l'époque. Nous avons donc, en concertation et suite aux contacts avec Lonza, conclu un contrat avec Moderna, a qui nous avons acheté des doses de vaccin. Nous avons donc dû prendre un risque, sans avoir de réponse à la question de savoir si ce vaccin allait être efficace ou pas. On n'en savait rien, et imaginez aujourd'hui la situation - et c'était absolument impossible de le dire il y a une année ou huit mois - si nous disposions de vaccins qui n'auraient pas abouti, dont l'efficacité serait insuffisante ou alors qui provoqueraient des effets secondaires problématiques. Ce n'est pas le cas et je crois que nous voyons aujourd'hui avec les vaccins à ARN messager de Pfizer et de Moderna, et avec la stratégie ouverte de vaccination que nous poursuivons, que nous suivons une stratégie qui est celle que l'on pouvait peut-être imaginer être la plus efficace à l'époque.
Et j'aimerais rappeler ici que ce que le Conseil fédéral a fait et a dû faire dans cette situation repose sur des décisions extrêmement difficiles. Nous avons toujours agi sur la base des éléments que nous avions à disposition au moment de prendre notre décision, et nous l'avons toujours fait en nous appuyant sur la Constitution et sur les lois. Cela est extrêmement important pour nous et c'est la moindre des choses que l'on puisse attendre de la part du gouvernement.
Autrement dit, nous n'avons jamais agi de manière réactive, pour faire comme les pays qui nous entourent. Vous vous souvenez d'ailleurs que la Suisse a été passablement critiquée l'année dernière, pour avoir adopté une attitude beaucoup moins stricte au niveau des mesures prises par rapport aux pays qui nous entourent. Cela nous a valu quelques difficultés dans les discussions avec ces pays. Il a fallu expliquer pourquoi nous avions choisi ce chemin indépendant et souverain. Mais nous avons également refusé de ne rien faire, en réaction à ce qui se faisait dans les pays qui nous entourent, parce que, pour notre pays, cela aurait probablement été une stratégie beaucoup plus problématique, avec beaucoup plus de dégâts que les solutions que nous avons toujours essayé de chercher.
Le bilan, on le fera à la fin. Naturellement, on pourra toujours constater, sur la base des informations très rapides dont on dispose après coup, que l'on aurait certainement pris toute une série de décisions de manière différente. C'est une évidence. Et j'aimerais ici vous rappeler que nous avons toujours pris des décisions sur la base des informations que nous avions à notre disposition. C'est également à cette aune-là que nous souhaitons être mesurés. L'ensemble des acteurs dans ce domaine doit l'être en mettant les décisions qui ont été prises en lien avec les informations qu'il y avait à disposition. Une année plus tard, nous avons naturellement beaucoup d'informations complémentaires et il est assez simple de voir les choses de manière différente.
Dans ce cadre, j'aimerais vous redire que la stratégie de vaccination que nous avons mise en place avant l'été 2020 - alors qu'il n'y avait quasiment rien à disposition pour prendre des décisions - s'avère aujourd'hui être extrêmement solide. Toute une série d'autres décisions que nous avons prises doivent également être replacées dans ce contexte. Autrement dit, il faut se garder de la tentation de réécrire l'histoire. Nous allons devoir faire l'analyse de cette situation, mais il faut se souvenir de quelles étaient les informations que nous avions, et à quel moment, pour prendre nos décisions.
Je dirai encore quelques mots sur la motion Feller.
M. Feller a déposé une motion qu'il a brièvement motivée auparavant, et c'est sur cet objet que vous voterez tout à l'heure. Vous avez vu que, l'année dernière, le Conseil fédéral a proposé le rejet de cette motion.
Je dois dire que M. Feller est arrivé relativement tôt avec une question très pertinente: comment faire pour savoir qui est protégé contre quoi? Nous nous sommes toujours posé cette question. Là aussi, les informations changent, ou s'affinent régulièrement. Aujourd'hui, notre stratégie consiste à dire que les personnes vaccinées - nous avons des vaccins très efficaces - sont considérées comme protégées, et que les personnes qui ont été testées une fois positives avec un test PCR, une fois qu'elles sont remises, sont considérées comme étant remises.
Nous n'avons malheureusement pas encore aujourd'hui suffisamment d'assurances par rapport aux tests sérologiques. C'est ce qui nous avait d'ailleurs conduits, à l'époque - mais c'est déjà ancien - à proposer le rejet de la motion.
Mais vous pouvez être certain, Monsieur Feller, que nous continuons à suivre cela avec beaucoup d'intérêt et que, dès le moment où nous aurions une qualité suffisante pour considérer que cela permet d'affirmer qu'une protection existe, nous serions évidemment tout à fait prêts, conformément à la flexibilité dont nous avons toujours fait preuve, à faire face à cette situation et à revoir nos procédures.
En dernier lieu, s'agissant de l'application Swiss Covid, du renforcement et du traçage, je peux vous dire qu'en réalité, Swiss Covid n'a jamais été considéré comme un élément qui pourrait remplacer le traçage. Swiss Covid a été considéré comme un élément d'accompagnement au traçage classique. C'est un certain succès puisque nous avons quelques millions de téléchargements, mais à l'échelle du pays dans son ensemble, cela ne permet pas de faire face à la situation, et ce n'est pas non plus une application qui devrait nous permettre de développer ensuite les questions de certificat.
Je ne vais pas plus m'étendre sur les questions d'applications et de certificat. Je précise simplement que nous sommes très engagés sur ces questions, pas tellement avec des politiques d'annonce en réalité. Nous essayons de livrer des éléments utilisables pour le pays dès le moment où on arrive à le faire. C'est dans ce sens-là que nous allons continuer à travailler.
Estermann Yvette · Mit-F · Conseil national · Lucerne · Groupe de l'Union démocratique du Centre
Danke für Ihre Ausführungen, Herr Bundesrat. Corona ist nicht Ebola und auch nicht die Pest. Wenn wir die Statistiken mehrerer Jahre anschauen und miteinander vergleichen, dann stellen wir fest, dass die Sterblichkeit zum Teil gar nicht höher ist als sonst. Bei den Impfungen wissen wir dagegen aus mehreren Ländern ... (Zwischenruf des Präsidenten: Wie lautet die Frage, Frau Estermann?) Die Frage kommt gleich, Herr Präsident. Die Impfung ist mit massiven Nebenwirkungen verbunden. Die Impfung ist nicht ungefährlich. Ich wage zu fragen, wie der Bundesrat dazu kommt, von Impfpflicht zu sprechen, da doch mehrere Länder diese Impfung bereits sistiert haben, weil sie bezüglich der Gesundheit ihrer Bevölkerung Bedenken haben. (Teilweise Unruhe) Die Frage habe ich gestellt. (Zwischenruf des Präsidenten: Bitte kurze Fragen, kurze Antworten!)
Berset Alain · BR-M · Conseil fédéral · Fribourg
Zuerst einmal zur Sterblichkeit: Ist sie höher oder weniger hoch? Wir haben schon Signale, die zeigen, dass es ein Schock für eine Gesellschaft ist, denn es gibt gar keine Immunität. Das werden wir immer wieder sehen können. Aber ich glaube, mit den Massnahmen, die wir bis jetzt getroffen haben, mit dem, was wir bis jetzt gemacht haben, war es möglich, die Übersterblichkeit in einem gewissen Rahmen zu halten. Ein neuer Punkt bei dieser Krankheit ist aber die ganze Diskussion über Long Covid. Das darf man nicht vergessen, das ist ganz neu. Es ist eine Tatsache, dass 20 bis 25 Prozent der Leute langfristig Symptome haben können. Das ist auch eine neue Entwicklung.
Was die Impfung betrifft, so haben wir mit Swissmedic eine unabhängige Behörde, die das berücksichtigt und die verpflichtet ist, die Wirksamkeit, Sicherheit und Effizienz der Impfung zu beurteilen. Das wird auch gemacht. Wir haben bis jetzt zeigen können, dass das auch respektiert wird. Es gibt zu Astra-Zeneca noch zusätzliche Studien, Sie wissen das. Es sollen noch Informationen kommen. Es gibt kein Signal, dass die Impfung von Astra-Zeneca nicht gut wäre. Man kann nicht sagen, die Impfung bringe uns aus der Krise, und gleichzeitig behaupten, man sollte sie nicht umsetzen. Sie haben auch von Impfpflicht gesprochen. Ich weiss nicht, woher Sie das haben. Der Bundesrat hat das nie gesagt.
Aeschi Thomas · Mit-M · Conseil national · Zoug · Groupe de l'Union démocratique du Centre
Die linke Toleranz schwindet schnell, wenn es nicht um die eigenen Interessen geht.
Meine Frage an Bundesrat Alain Berset: Johnson & Johnson beschäftigt in der Schweiz 4500 Personen, der Hauptsitz liegt im Kanton Zug. Weshalb haben Sie den Impfstoff, der jetzt im zweiten Quartal bereit ist, überhaupt nicht berücksichtigt?
Berset Alain · BR-M · Conseil fédéral · Fribourg
Vielen Dank, Herr Nationalrat Aeschi, für diese Frage. Ich habe schon vorhin gesagt, dass es im letzten Jahr nicht so einfach war, die Impfstoffbeschaffungsstrategie auf die Beine zu stellen. Es war eine Situation wie in einem Dschungel. Mehr als hundert Produkte standen in Entwicklung, und wir mussten zuerst einmal abklären, wer mit welchem Produkt kommt. Dann haben wir eine Strategie mit mehreren Produkten entwickelt: mit Messenger-RNA-Produkten und mit vektorbasierten Produkten. Es gibt auch noch andere.
In dieser Situation haben wir einmal den Impfstoff von Astra-Zeneca vorgesehen. Das geschah auch im Rahmen der Diskussion mit Europa. Im Nachhinein kann man schon sagen, man hätte auch etwas anderes entscheiden können. Aber noch einmal: Man muss schon sehen, wie schwierig es damals war, zu entscheiden. Der Entscheid, der getroffen worden ist, war ein Entscheid, mit dem nicht sämtliche Produkte abgedeckt waren.
Martullo-Blocher Magdalena · Mit-F · Conseil national · Grisons · Groupe de l'Union démocratique du Centre
Herr Bundesrat, im Covid-19-Gesetz haben der Ständerat und der Nationalrat beschlossen, dass Kantone, die ein erfolgreiches Testkonzept haben, bevorzugt öffnen können. Wie werden Sie das umsetzen?
Berset Alain · BR-M · Conseil fédéral · Fribourg
Wenn ich es richtig im Kopf habe, Frau Nationalrätin, ist es so, dass der Bundesrat Öffnungen gewährt, wenn die Situation es erlaubt. Das hängt nicht nur von der Entwicklung der Testung, sondern auch von der realen Entwicklung der Pandemie ab. Klar, die Entwicklung bei der Testung und bei der Impfung hat auch damit zu tun. Ab dem Moment, ab dem das Parlament das geänderte Gesetz verabschiedet, das wird vermutlich diesen Freitag sein, werden wir mit den Kantonen einmal schauen, ob, wie und wann diese Bestimmung zur Anwendung kommen soll.
Im Moment - ich sage das transparent - scheint es mir ein bisschen schwierig, weil es bei der Entwicklung keine grossen Unterschiede zwischen den Kantonen gibt. In den Kantonen, in denen die Inzidenz ein bisschen höher ist, steigt sie etwas langsamer als in den Kantonen, in denen sie im Moment ein bisschen tiefer ist. Das heisst, die Situation wird immer homogener, und das führt eher dazu, dass man - mindestens im Moment - weiter einheitliche Massnahmen für die Kantone vorsieht. Aber wir haben gut verstanden, was das Parlament damit sagen wollte, und wir sind klar der Meinung, dass wir dieses Anliegen immer wieder berücksichtigen, wo es möglich ist.
Tuena Mauro · Mit-M · Conseil national · Zurich · Groupe de l'Union démocratique du Centre
Herr Bundesrat, der Bundesrat hat immer gesagt, dass möglichst dort geimpft werden soll, wo die Bevölkerungsdichte am grössten ist. Der Kanton Zürich ist bevölkerungsmässig mit Abstand der grösste Kanton, hat aber vergleichsweise wenige Impfdosen erhalten. Wie erklären Sie sich diese Gegebenheit?
Berset Alain · BR-M · Conseil fédéral · Fribourg
Vielen Dank für diese Frage, Herr Nationalrat. Wir haben sicher nie gesagt, dass man Impfdosen zuerst dorthin liefern sollte, wo die Bevölkerungsdichte am höchsten ist, und anderswohin nicht. Das würde bedeuten, wir hätten nur mit Städten begonnen und nicht aufs Land geliefert. Das war sicher nicht die Absicht. Die Absicht war, die besonders vulnerablen Gruppen zuerst zu impfen. Es gibt eine Risikogruppen-Impfstrategie mit vier Zielgruppen. Das ist allgemein bekannt. Es gibt ausserdem einen Verteilschlüssel, der auch transparent dargestellt worden ist, der in der Zwischenzeit, glaube ich, auch durch die Kantone akzeptiert worden ist. Es ist klar, dass die Bevölkerungsstruktur in einem Kanton bei diesem Verteilschlüssel eine gewisse Rolle spielt.
Dann wird aber auch klar, dass wir mit den grossen Mengen, die bald kommen - wenn alles gutgeht, wie wir hoffen -, ab April viel mehr Dosen erhalten werden, und es gibt kein Signal, dass es nicht in diese Richtung gehen sollte. Das sollte sich sehr schnell regeln lassen.
Friedli Esther · Mit-F · Conseil national · St-Gall · Groupe de l'Union démocratique du Centre
Geschätzter Herr Bundesrat, ich habe eine Frage zu Ihrem sehr zaghaften Öffnungsplan, den Sie in die Vernehmlassung gegeben haben. Sie haben darin eine Branche, die für die Wirtschaft, vor allem aber auch für die Gesellschaft ganz wichtig ist, komplett vergessen: die Gastronomie. Die Gastrobranche hat Ihnen klar mitgeteilt, dass die Öffnung der Terrassen im März und April eigentlich nur ein Tropfen auf den heissen Stein ist. Deshalb ist meine Frage: Was für eine Perspektive geben Sie der Gastronomie? Wann können wir damit rechnen, dass wir die Gastronomie wieder öffnen können? Dann habe ich auch noch eine spezielle Frage: (Zwischenruf des Präsidenten: Es gibt nur eine Frage!) Warum ist Kaffeetrinken gefährlicher als Chorsingen oder Ausdauertraining ohne Maske, das Sie ja wieder zulassen möchten?
Berset Alain · BR-M · Conseil fédéral · Fribourg
Vielen Dank. Es ist uns bekannt, dass Gastrosuisse findet, es sei keine gute Idee, nur die Terrassen zu öffnen. Das ist uns bekannt. Was Sie gesagt haben, kann ich sehr wohl nachvollziehen. Es ist ein Geschäftsmodell für nur sehr wenige Betriebe, einfach für diejenigen, die auf den Aussenbereich spezialisiert sind. Für die überwiegende Mehrheit funktioniert dieses Modell nicht. Diese Branche hat nichts falsch gemacht, das zu dieser Situation geführt hätte. Es ist übrigens nicht die einzige Branche in dieser Situation. Es gilt auch für die Kultur und den Sport. Auch die Reisebranche leidet unglaublich unter dieser Situation. Sie hat nichts falsch gemacht. Das ist einfach die Realität dieser Krise.
Zur konkreten Frage bezüglich Öffnungsschritte: Wir haben auch immer wieder gesagt, dass man sehen muss, wie sich die Situation entwickelt. Das Parlament hat Kriterien gewünscht, die Kantone haben Kriterien gewünscht. Wir haben diese Kriterien im Februar in die Vernehmlassung geschickt, und sie sind akzeptiert worden. Das Problem, das wir jetzt haben, ist, dass die Werte bei drei dieser vier Kriterien negativ sind. Sie sind in den letzten Tagen negativ geworden, und die Situation hat sich in den letzten Tagen eher noch verkompliziert. Das heisst, es ist für uns nicht einfach, zu wissen, wie man vor diesem Hintergrund vorgehen muss und vorgehen will.
Es gibt grundsätzlich zwei Möglichkeiten. Die erste Möglichkeit besteht darin, nach wie vor auf Kurs zu bleiben und vielleicht mal weiter zu öffnen, mit dem Risiko, dass wir dann eine längere Phase mit härteren Massnahmen erleben. Die zweite Möglichkeit ist, noch zu bremsen und später zu öffnen, mit dem Ziel, die Krise eher abzukürzen. Es gäbe aber jetzt einschneidendere Massnahmen. Das ist die Situation. Man kann in dieser Situation fast nur Falsches tun. Das sehe ich auch so; das ist das Problem, das wir haben.
Was die Perspektiven betrifft, muss ich Ihnen sagen: Wenn ich es wüsste, würde ich es sofort sagen. Ich weiss es nicht. Wir sehen schon, dass es mit dem Testen, mit der Impfung und mit der Situation, die wir jetzt haben, in eine gute Richtung geht. Aber parallel dazu kommt plötzlich etwas total Unerwünschtes, das uns wirklich allen wehtut: Das ist die mögliche dritte Welle, die vielleicht wegen der Mutationen und Varianten kommt. Das ist sehr, sehr schwierig. Das Ziel sollte sein, dass man wirklich weiter öffnen kann. Das grösste Problem hätten wir sehr wahrscheinlich, wenn man jetzt öffnen würde und dann wieder schliessen müsste. Das wollen wir nicht. Wir werden den anderen Ländern nie einfach folgen. Wir beobachten aber, was in anderen Ländern passiert. Sie sind alle am Schliessen. Wir wollen das nicht. Wir versuchen, da eine gewisse Vorhersehbarkeit und Stabilität zu haben.
Egger Mike · Mit-M · Conseil national · St-Gall · Groupe de l'Union démocratique du Centre
Geschätzter Herr Bundesrat Berset, persönlich begrüsse ich jegliche Art von Öffnung. Die St. Galler Regierung, die Regierungen der Kantone Appenzell Ausserrhoden und Appenzell Innerrhoden und die Regierung des Kantons Thurgau fragen sich zu Recht, warum es möglich ist, sich privat mit zehn Personen für ein Nachtessen zu verabreden, es aber nicht möglich ist, in ein Restaurant zu gehen und dort ein gutes Nachtessen einzunehmen - an einem Vierertisch, mit einer Viererregel und mit einem entsprechenden Schutzkonzept.
Berset Alain · BR-M · Conseil fédéral · Fribourg
Das ist immer wieder eine schwierige Frage, Herr Nationalrat. Ich sehe den Punkt schon. Nur, wir müssen auch sehen, dass diese Restriktion auf privater Ebene, diese Fünferregel, den Innenkreis der Familien betrifft. Das ist wirklich ein starker Eingriff in einen ganz privaten Bereich. Eine Schwierigkeit ist auch - wenn man sagt, dass man diese Restriktionen, wenn es geht, aufheben sollte -: In der Familie lebt man, davon gehe ich aus, so oder so ohne Maske und ohne die Distanz einhalten zu können. Es gibt ein gewisses Risiko. Es ist aber auch klar, dass diese Fünferregel extrem strikt ist. Es geht um Leute, die ein gemeinsames Schicksal haben. Die Kohärenzfrage kann man bei den Massnahmen ständig stellen. Ich habe leider keine einfache Antwort darauf.
Zuberbühler David · Mit-M · Conseil national · Appenzell Rh.-Ext. · Groupe de l'Union démocratique du Centre
Sehr geehrter Herr Bundesrat Berset, die Ostschweizer Kantone St. Gallen und Thurgau und die beiden Appenzell sind mit den vom Bund verwendeten Indikatoren nicht einverstanden; das konnte man vergangenen Montag in der Zeitung nachlesen. Diese vier Kantone sind der Ansicht, dass sich der Bund bei der Lockerung der Massnahmen stärker an der Auslastung der Intensivpflegeplätze orientieren sollte. Flankierende Indikatoren könnten z. B. die Hospitalisationsrate sowie die 14-Tages-Inzidenz sein. Wie ist Ihre Meinung dazu, insbesondere zur Hospitalisationsrate?
Berset Alain · BR-M · Conseil fédéral · Fribourg
Ich glaube zu wissen - aber ich werde es noch verifizieren -, dass es diese Kriterien gab. Diese waren im Februar bei den Kantonen in der Vernehmlassung. Ich glaube, sie sind nicht infrage gestellt worden. Ich werde noch nachschauen.
Dass man dann, wenn die Hospitalisationsraten abnehmen, plötzlich nicht mehr mag, das kann ich nachvollziehen. Aber es hilft nicht sehr viel. Wenn man Kriterien einmal fixiert, haben sie auch eine gewisse Verbindlichkeit. Aber noch einmal: Es ist kein Automatismus. Es gab sehr viele Fragen zu Ampelsystemen und Automatismen. Wir haben immer gesagt: Nein, wir sollten so etwas nicht machen, denn wir brauchen auch noch eine Möglichkeit, zu entscheiden, wie wir vorgehen wollen.
Sie haben recht: Ich meine, die Auslastung der Intensivpflegestationen und die Hospitalisationsraten sind wirklich sehr wichtige Punkte. Deswegen werden sie auch noch berücksichtigt. Eines der vier Kriterien ist also die Belastung der Intensivpflegestationen in den Spitälern, dieses wird auch berücksichtigt. Es betrifft genau die Frage, die ich vorhin angesprochen habe. Es gibt hier zwei Möglichkeiten, wobei wir sehr viel gelernt haben: Entweder versuchen wir, die dritte Welle im Griff zu haben, damit sie weniger hoch ist und weniger lange dauert, oder man lässt sie etwas laufen und akzeptiert auch, dass sie länger dauern könnte. Letztlich ist für den Bundesrat zentral, wie wir das Leiden vermindern. Wenn ich sage "das Leiden", dann spreche ich überhaupt nicht nur von der Gesundheit, sondern vor allem und generell von der Gesellschaft und der Wirtschaft. Ich meine: Ist es besser, jetzt zu öffnen, um dann wieder für zwei Monate zu schliessen? Ich weiss es nicht. Oder ist es besser, jetzt noch ein bisschen langsamer vorzugehen, um danach schneller zu öffnen?
Was sich jetzt abspielt, gleicht genau der Situation vor einem Jahr. Ich halte es für wahrscheinlich, dass wir im Sommer in unserem Land dieselbe Situation haben werden. Ich bin nicht sicher, ich weiss es nicht. Wir arbeiten einfach mit grossen Ungewissheiten. Aber möglicherweise wird das, was sich jetzt im Moment abspielt und was sich im April abspielen wird, entscheidend dafür sein, ob wir im Sommer eine gute Situation haben werden oder nicht. Das gilt es auch etwas zu berücksichtigen. Ich sage das nur, um einmal mehr zu zeigen, wie schwierig es ist, in diesen Situationen die richtigen Entscheide zu treffen.
Steinemann Barbara · Mit-F · Conseil national · Zurich · Groupe de l'Union démocratique du Centre
Geschätzter Herr Bundesrat, heute haben wir den 17. März; das letzte Update zu den Impfdosenlieferungen auf der BAG-Webseite stammt vom 7. März. Kann man daraus schliessen, dass in den letzten zehn Tagen keine neuen Lieferungen angekommen sind? Und wenn das so ist, warum ist es so?
Berset Alain · BR-M · Conseil fédéral · Fribourg
Das ist eine gute Frage, Frau Nationalrätin Steinemann. Soviel ich weiss, wurde die Liste gestern aktualisiert, aber ich werde das noch verifizieren. Meines Wissens wird diese Information zweimal pro Woche aktualisiert, und zwar jeweils am Dienstag und Donnerstag, wenn ich mich nicht irre. Darin enthalten sind auch die Rückmeldungen der Kantone.
Bei dieser Gelegenheit möchte ich sagen, dass es sich wirklich lohnt, das Dashboard des BAG zu besuchen. Dort sehen Sie z. B. die Impfentwicklung pro Kanton. In gewissen Kantonen sind die Daten solide genug, um zu sehen, welche Altersgruppen wann geimpft wurden. Es sind sehr präzise und gute Informationen, die man dort finden kann.
Für mich war es von Anfang an klar: Wir verfügen über Bestellmengen, die quartalsweise eintreffen. Natürlich kommen sie nicht alle auf einen Schlag, aber ich glaube, dass es in den letzten Tagen eine gewisse Entwicklung gegeben hat. Ich werde das dann noch nachprüfen. Im März werden wir mehr Impfdosen erhalten, als ursprünglich geplant war. Das ist eine gute Sache!
Und ich wiederhole: Im zweiten Quartal, das heisst in den Monaten April, Mai und Juni, werden die Mengen sehr stark steigen, und auch das wird eine sehr gute Entwicklung sein.
Hurter Thomas · Mit-M · Conseil national · Schaffhouse · Groupe de l'Union démocratique du Centre
Herr Bundesrat, wir haben ja gehört: Wer getestet, geimpft, genesen ist, soll arbeiten und reisen können. Das hat das Parlament mit der ganzen Covid-Gesetzgebung auch bestätigt. Herr Bundesrat, sind Sie bereit, sich dafür einzusetzen, dass diejenigen, die geimpft, getestet oder genesen sind, frei reisen dürfen, nicht in Quarantäne gehen müssen und dass vor allem in einem ersten Schritt die Schweizerinnen und Schweizer, die in die Schweiz zurückkommen und eine dieser drei Bedingungen erfüllen, nicht in Quarantäne gehen müssen?
Berset Alain · BR-M · Conseil fédéral · Fribourg
Herr Nationalrat, vielen Dank für diese Frage. Es ist die Frage betreffend Impfzertifikat oder Zertifikat, das zeigt, wer genesen oder geimpft ist. Für einen Test kann kein Zertifikat ausgestellt werden, weil der Test nur für den Tag gilt, an dem er gemacht worden ist. Ein Test ist eine Momentaufnahme. Die Impfung schützt für eine gewisse Zeit - wie lange, wissen wir vorderhand noch nicht. Es gibt aber gute Anzeichen, dass der Schutz andauert, auch bei den genesenen Personen. Wenn man die Zahlen der Reinfektionen ein bisschen anschaut, sieht man, dass einige Fälle vorkommen.
Diese Frage ist jetzt einmal andiskutiert. Der Hauptpunkt wird das Impfzertifikat sein. Es stellt sich die Frage, wie es sich entwickeln kann. Noch diese Woche wird eine erste gesetzliche Grundlage geschaffen. Wir sind daran, einmal zu sehen, wie man das entwickeln kann. Ich glaube, die Aussichten, dass man in den nächsten Monaten gut vorwärtsgehen kann, sind gut. Die Anerkennung der Impfzertifikate in anderen Ländern bleibt aber ein Problem bzw. eine Herausforderung. Das heisst, die internationale Koordination ist absolut zentral.
Im Moment impfen nur einige wenige Länder schneller als wir. Die überwiegende Mehrheit der Länder ist langsamer. Das könnte auch einmal ein Problem sein, wir werden es sehen. Es könnte vielleicht auch dazu führen, dass die ganze Diskussion über die Impfzertifikate in anderen Ländern länger dauert, als es bei uns erwünscht wäre. Nach einer Impfung oder mit einem negativen Test muss es möglich sein, zu reisen.
Ob und inwieweit es in anderen Ländern zu Öffnungen kommt, hängt nicht von uns ab.
Imark Christian · Mit-M · Conseil national · Soleure · Groupe de l'Union démocratique du Centre
Herr Bundesrat, die Schweiz gehört nicht gerade zu den schnellsten Ländern, wenn es ums Impfen geht. Es gibt Länder, die ihre Bevölkerung praktisch schon durchgeimpft haben - und das sind nicht nur kleine Länder. Hat man sich mal überlegt, warum das so ist? Es muss irgendetwas geben, was diese Länder besser gemacht haben als die Schweiz. Man soll sich ja an den Guten messen.
Berset Alain · BR-M · Conseil fédéral · Fribourg
Danke, Herr Nationalrat, für diese Frage. Herr Feller hat vorhin eine Auflistung von Ländern gemacht, die schneller impfen als die Schweiz. Er hat eine ausführliche Auflistung gemacht, meiner Meinung nach die ganze. Seien wir mal ehrlich: Es war eine nicht sehr lange Liste. Klar, Sie werden schon Länder finden, die anders als die Schweiz vorgegangen sind - auch Länder mit anderen Situationen. Man hat immer Israel erwähnt. Das war für mich auch eine grosse Überraschung. Wir waren bei den Ersten, die mit mRNA-Herstellern verhandelt haben, um Impfstoffe zu kaufen - bei den Ersten! Wir waren wirklich sehr, sehr früh dran. Wie kann es da sein, dass es in anderen Ländern schneller geht als bei uns? Wir haben es nun verstanden: Es gibt einen Vertrag, aufgrund dessen Israel die Gesundheitsdaten der Bevölkerung - anonymisiert, das ist das Mindeste - an den Impfstoffhersteller liefert. Die Daten werden geliefert, um einen Test zu machen.
Man muss sich einmal vorstellen, was es in der Schweiz bedeutet hätte, letzten Juni - das wäre der Zeitpunkt gewesen - parallel zur Covid-Diskussion eine gesetzliche Grundlage dafür zu schaffen. Die Diskussion zu den Daten war damals keine einfache. Parallel zur Covid-Diskussion eine gesetzliche Grundlage für die Lieferung von Gesundheitsdaten zu schaffen, wäre in unserem Land, ich sage es so, nicht machbar gewesen.
Deswegen müssen wir mit der Situation arbeiten, die wir haben. Ich glaube nach wie vor und hoffe, dass es gut funktionieren wird. Die Impfstoffe sind bestellt, und sie müssen geliefert werden. Dann müssen sie in den Kantonen verabreicht werden, und es braucht auch eine Impfbereitschaft bei der Bevölkerung. Wenn das alles gemäss Annahmen funktioniert, dann haben wir bis im Sommer wirklich eine sehr gute Situation. Wir machen alles, um darauf hinzuarbeiten. Ich glaube, unsere Beschaffungsstrategie war nicht so schlecht. Auch wenn Sie immer ein anderes Land mit anderen Produkten finden, die bei uns nicht zugelassen sind: Wir versuchen einfach das Beste mit dem zu machen, was wir haben.
Matter Thomas · Mit-M · Conseil national · Zurich · Groupe de l'Union démocratique du Centre
Herr Bundesrat, ich habe eine Anschlussfrage an die Frage von Kollege Imark, auch betreffend Impfen. Wir sind uns ja einig: Wenn die Mehrheit der Schweizer Bevölkerung geimpft ist, dann ist das Problem gelöst. Ich sehe aber, dass die Schweiz zusammen mit der EU in Sachen Impfstoffbesorgung im Hintertreffen ist. Ist das ein Zufall, oder hat sich die Schweiz mit der EU bezüglich Impfstoffbeschaffung abgesprochen?
Berset Alain · BR-M · Conseil fédéral · Fribourg
Herr Nationalrat, wir haben diese Zweipfeilerstrategie. Der erste Pfeiler sind direkte Verhandlungen mit Firmen, um Impfstoffe zu kaufen. Der zweite ist eine Beschaffung mit der EU. Wenn Sie die Zahlen zu den mRNA-Impfstoffen anschauen, dann sehen Sie, dass wir nicht hinten, sondern vorne sind. Wir sollten vielleicht einmal die Zahlen zusammen anschauen. Wir sind vorne, nicht hinten. Das heisst, dass wir bei den mRNA-Produkten sehr gute Verhandlungen geführt haben. Das war auch ein Risiko. Wir sind ein ziemlich grosses Risiko eingegangen. Denn niemand wusste damals, dass diese Impfungen so gut sind. Wir sind vorne. Bei Astra-Zeneca haben wir mit der EU zusammengearbeitet. Wir haben einen guten Zugang zu 5,3 Millionen Dosen von Astra-Zeneca. Das Problem ist hier ein anderes: Die Zulassung in der Schweiz ist noch nicht einmal erfolgt. Aber sonst sind wir eher vor als hinter den umliegenden Ländern.
Roduit Benjamin · Mit-M · Conseil national · Valais · Le Groupe du Centre. Le Centre. PEV.
Monsieur le conseiller fédéral, voici enfin une question en français et issue d'un autre groupe.
En tant que groupe, les personnes en situation de handicap, notamment mental, ne sont pas prioritaires pour la vaccination aux yeux de la Confédération. Ces personnes se retrouvent dans le groupe cible 4, celui des personnes de moins de 65 ans dans les institutions. Dans certains cantons, la vaccination de ce groupe n'est prévue qu'à la fin de l'été. Pensez-vous entreprendre quelque chose pour modifier cette planification qui, d'un point de vue sanitaire et éthique, n'est pas acceptable?
Berset Alain · BR-M · Conseil fédéral · Fribourg
Merci, Monsieur le conseiller national, pour votre question. Je suis un peu surpris d'entendre que ces personnes feraient partie du groupe cible 4. Je vous propose de retenir cette question et que nous regardions rapidement ce qu'il en est. Si vous avez des détails à ce sujet - j'imagine que vous avez eu des informations sur des cas concrets -, peut-être pourriez-vous nous les transmettre, afin que nous puissions nous renseigner de manière approfondie, ce que nous ferons volontiers.
Bregy Philipp Matthias · Mit-M · Conseil national · Valais · Le Groupe du Centre. Le Centre. PEV.
Sehr geehrter Herr Bundesrat, das BAG hat der Lonza im Zusammenhang mit dem Kauf einer Produktionslinie für den Moderna-Impfstoff geantwortet, hierfür fehle die gesetzliche Grundlage. Können Sie bestätigen, dass die gesetzliche Grundlage bestanden hat bzw. im Rahmen einer Notverordnung oder der Covid-19-Gesetzgebung schnellstmöglich hätte geschaffen werden können?
Berset Alain · BR-M · Conseil fédéral · Fribourg
Absolut, Herr Nationalrat. Der Punkt ist aber nicht, ob es bereits eine gesetzliche Grundlage gibt oder nicht. Wir, das Parlament und der Bundesrat, haben in den letzten zwölf Monaten ja bewiesen, dass es sehr rasch gehen kann, wenn eine gesetzliche Grundlage als notwendig erachtet wird und es einen politischen Willen gibt. Das ist also sicher kein Argument.
Bei Lonza und Moderna gab es ein anderes Problem. Wir haben wirklich sehr rasch mit der Lonza diskutiert, als wir das erfahren haben. Die Möglichkeit für die Lonza, einen wichtigen Teil der Produktion von Moderna zu übernehmen, war eine sehr erfreuliche, sehr gute Nachricht. Dann haben wir aber gemerkt und verstanden, dass wir, um den Zugang zum Produkt zu sichern - und das war zentral -, mit Moderna verhandeln und dort kaufen müssen. Das haben wir sehr früh im letzten Jahr gemacht. Das hat auch eine sehr positive Wirkung für die Lonza gehabt.
Was die gesetzliche Grundlage betrifft, hat man bewiesen, das ist richtig, dass es sehr rasch gehen kann, wenn es notwendig sein sollte. Wir haben das letztes Jahr als nicht notwendig erachtet, weil es nichts am Zugang zur Impfung geändert hätte, der für uns das Ziel war.
Köppel Roger · Mit-M · Conseil national · Zurich · Groupe de l'Union démocratique du Centre
Geschätzter Herr Bundesrat, die "Financial Times" hat am letzten Samstag einen interessanten Artikel publiziert, in dem sie die Covid-19-Pandemie als die mit Abstand harmloseste und ungefährlichste Pandemie in der Weltgeschichte der Seuchen dargestellt hat, mit einem Todesfallkoeffizienten von dreizehn Tausendsteln. Vor diesem Hintergrund haben Staaten wie zum Beispiel Texas alle Sicherheitsmassnahmen wie Maskenpflicht, Beschränkungen für die Unternehmen usw. aufgehoben.
Meine persönliche Frage an Sie, Herr Bundesrat Berset: Wann sind Sie bereit, die Maskenpflicht und die für unsere Unternehmen und unser gesellschaftliches Leben bis hin zu den Kindern und Familien zerstörerischen Beschränkungen in der Schweiz aufzuheben? Was ist Ihre persönliche Haltung, wann werden Sie aussteigen?
Berset Alain · BR-M · Conseil fédéral · Fribourg
Vielen Dank, Herr Nationalrat Köppel, für diese Frage. So schnell wie möglich! Aber ich muss Ihnen auch sagen: Das hat nichts mit meiner persönlichen Meinung zu tun. Es ist eine Sache, die wir im Bundesrat immer wieder diskutieren. So schnell wie möglich! Sie können es mir bestätigen: Wir erfahren immer mehr über diese Situation. Es gibt unterschiedliche Informationen, die man konsolidieren muss.
Ich muss Ihnen noch zwei Dinge sagen:
1. Wir waren, das glaube ich sagen zu können, alle ziemlich beeindruckt zu sehen, dass es zum ersten Mal seit sehr langer Zeit so weit kam, dass sehr gute Spitalsysteme in umliegenden Ländern überlastet waren. Wenn es so harmlos wäre, hätte man in Norditalien nie eine Überlastung des Spitalsystems erlebt. Norditaliens Spitalsystem gilt als eines der besten auf der Welt. Und plötzlich gab es diese Triagekriterien, die bis etwa 60 Jahre gingen. Ich meine, entweder ist es Fake, oder es ist nicht so harmlos. Das ist der erste Punkt.
2. Wir erfahren auch immer mehr über Long Covid. Da geht es um die langfristigen Perspektiven, auch für die Jungen, auch für unsere Gesellschaft.
Aber noch einmal: Es bleibt so - und das haben wir mit dem eigenständigen Kurs der Schweiz in den letzten Monaten auch bewiesen -, Ziel ist, so schnell wie möglich zu einer Normalität zurückzukehren, die uns nicht gefährdet. Das ist es, nichts anderes.
Brunner Thomas · Mit-M · Conseil national · St-Gall · Groupe vert'libéral
Herr Bundesrat, wir hoffen alle, dass im Sommer mehr Impfstoff, aber auch mehrere Varianten zur Verfügung stehen werden. Ist der Bundesrat bereit, dann die Wahlfreiheit sicherzustellen? Es könnte auch ein Faktor sein, welcher der Durchimpfung förderlich ist, wenn die zu Impfenden den Impfstoff ihres Vertrauens wählen können.
Berset Alain · BR-M · Conseil fédéral · Fribourg
Herr Nationalrat, ich hoffe, dass wir mehr Impfstoffe, aber weniger Varianten haben werden. Man meint nämlich sehr oft Mutationen, wenn man von Varianten spricht - und das ist nicht zu erwarten.
Ich habe die Frage aber schon verstanden: Sie sprechen von unterschiedlichen Impfungen. Wir haben mehrere Produkte, weil man einmal gedacht hat, dass am Ende vielleicht nicht alle Produkte für die gleichen Gruppen zugelassen sein würden. Es bleibt aber dabei: Wir haben einen sehr guten Zugang zu den besten Impfstoffen, die es gibt, was die Wirksamkeit und Effizienz betrifft - das sind die mRNA-Impfungen.
Im Moment sind nur zwei Impfungen zugelassen. Daher stellt sich die Frage der Wahlfreiheit meiner Meinung nach im Moment nicht. Sie stellt sich vielleicht dann, wenn der Impfstoff von Astra-Zeneca kommt. Man darf aber auch nicht vergessen, dass es freiwillig ist, sich impfen zu lassen. Es gibt ein Produkt, und wenn die Person sagt, sie wolle die Impfung nicht, dann gibt es in diesem Moment eine andere Impfung, vielleicht aber auch nicht. Es ist eine Frage der Zeit, bis sich das normalisiert.
Aebi Andreas · P-M · Conseil national · Berne · Groupe de l'Union démocratique du Centre
Präsident (Aebi Andreas, Präsident): Damit sind wir am Ende der aktuellen Debatte angelangt.