03.200
Erklärung des Bundesrates zur Irakkrise
Christen Yves · P-M · Nationalrat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion
Dès le début de la crise, la Suisse s'est déclarée favorable au désarmement de l'Irak sous l'autorité des Nations Unies. Les rapports de MM. Blix et El Baradei ont démontré que ce désarmement progressait. Fidèle à l'esprit de la Charte des Nations Unies, à laquelle elle a souscrit en adhérant à l'ONU l'an dernier, la Suisse considère que le recours à la force est le dernier recours quand toutes les autres options ont été épuisées. Telle est la position de la grande majorité de la communauté internationale, qu'il s'agisse des Etats ou surtout des opinions publiques.
Les dernières séances du Conseil de sécurité ont mis en évidence qu'il n'y avait pas de majorité pour appuyer une marche précipitée à la guerre. Les Etats-Unis ont adressé un ultimatum à l'Irak, ouvrant ainsi la voie à la guerre. A l'expiration du délai, les hostilités ont commencé, ce matin, à 3 heures 32.
Nous l'avions dit dès l'ouverture de la session, le régime de Saddam Hussein est la négation des droits de l'homme. La possession d'armes de destruction massive par l'Irak est un danger latent pour la région et pour la paix du monde. Mais l'Irak ne représente pas à l'heure actuelle une menace qui justifie le recours immédiat à la force.
Méfions-nous des soi-disant analogies historiques! Le président des Etats-Unis, que nous avons tous écouté attentivement lundi soir, nous a dit qu'au XXe siècle, certains ont choisi d'apaiser les dictateurs meurtriers et que cela a abouti à la Seconde Guerre mondiale. Même s'il est dangereux, Saddam Hussein n'est pas Adolf Hitler, pas plus que Tony Blair n'est Winston Churchill.
Dans ces moments chargés d'émotion, abstenons-nous de tout antiaméricanisme systématique. Les Etats-Unis sont un grand peuple ami qui, par deux fois, a apporté une contribution décisive à la libération de l'Europe. Et pourtant, comme le faisait remarquer le président du Groupe d'amitié parlementaire Suisse-Etats-Unis, le conseiller aux Etats Peter Briner: "Il y a 18 mois, le monde entier était derrière l'Amérique. Aujourd'hui, le gouvernement Bush a réussi à se mettre à dos les derniers amis."
Nous avons maintenant l'espoir que le progrès technologique servira à épargner les vies, qu'elles soient civiles ou militaires, et permettra de toucher des objectifs de commandement, afin que cette guerre soit courte, qu'elle ne soit pas la guerre contre l'Irak, mais la guerre contre Saddam Hussein.
Et employons-nous dès à présent à apporter notre contribution à l'aide humanitaire pour soulager les souffrances des victimes, et au rétablissement de meilleures relations internationales après ce gâchis diplomatique.
Couchepin Pascal · BPR-M · Bundesrat · Wallis
Une fois de plus, sur notre terre se sont allumés les feux de la guerre, avec le cortège de misère et de souffrance qui l'accompagne. Une coalition emmenée par les Etats-Unis d'Amérique a ouvert les hostilités contre l'Irak. Cette opération n'a pas été autorisée par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Des pays importants de la communauté internationale ont refusé de s'y joindre. Selon la coalition, l'emploi de la force est justifié par le fait que les efforts du Conseil de sécurité pour amener l'Irak à éliminer ses armes de destruction massive n'ont pas abouti.
Les Etats membres des Nations Unies ont voulu bannir la violence dans les relations entre Etats. Ils ont pour cela mis au point des procédures de règlement pacifique des différends et confié au Conseil de sécurité le monopole exclusif, hormis le cas de légitime défense, de l'emploi de la force.
Le Conseil fédéral regrette que les Etats-Unis et les pays qui participent à l'action aient transgressé une Charte à l'élaboration de laquelle ils ont contribué d'une manière essentielle, et qui contient les valeurs et les principes qu'ils défendent. Il n'en reste pas moins que le gouvernement irakien porte une lourde responsabilité dans le déclenchement des hostilités.
Nous vivons dans un monde dangereux où le transfert technologique s'applique également à la prolifération d'armes de destruction massive portées par des vecteurs de plus en plus aisément disponibles. Des gouvernements irresponsables qui, de surcroît, ne jouissent pas de la légitimité démocratique et se maintiennent au pouvoir par la coercition et le contrôle policier, jouent avec le feu.
La coalition dirigée par les Etats-Unis d'Amérique a décidé de recourir à la force sans l'approbation du Conseil de sécurité des Nations Unies. Nous sommes donc en présence d'un conflit armé entre Etats dans le cadre duquel le droit de la neutralité s'applique. La Suisse ne prendra aucune part aux opérations militaires, ni directement, ni indirectement. Cela signifie concrètement que le transit terrestre et les survols à des fins militaires liés au conflit ou hors courant normal seront interdits aux pays qui participent à l'intervention militaire en Irak. De même, les exportations de matériel de guerre destinées aux opérations en cours ne seront pas autorisées. L'ensemble de ces mesures s'inscrit dans la pratique de la Suisse en matière de neutralité.
Nos représentants à Bagdad ont été évacués. Ne restent sur place que quelques compatriotes qui ont décidé de rester en connaissance de cause et les membres des équipes du CICR. Les colonies suisses dans les pays riverains exposés sont en contact constant avec nos ambassades, lesquelles ont établi des plans d'urgence et reçu du matériel de protection adéquat.
Sur le plan de la sécurité intérieure, des mesures ont été prises afin de prévenir les éventuelles menaces que le conflit pourrait engendrer. Le Conseil fédéral a notamment pris des dispositions pour parer aux risques d'attentat contre les intérêts américains et occidentaux en Suisse.
Le Conseil fédéral suit de près l'évolution du conflit afin de se prémunir contre les éventuelles conséquences économiques pour la Suisse. Il veille notamment à ce que l'approvisionnement en pétrole et en moyens de subsistance soit assuré. Un arrêt total des exportations irakiennes de pétrole ne suffirait pas à créer des difficultés d'approvisionnement sur le plan mondial. Cependant, les cours du pétrole, tributaires des fluctuations des marchés, risquent de subir quelques fluctuations. La Suisse a des réserves obligatoires de produits pétroliers, qui lui permettent de couvrir sa consommation moyenne pendant quatre mois. En comparaison internationale, notre pays est bien loti en matière d'approvisionnement. Conformément à notre législation, nous ne libérerons ces réserves stratégiques qu'en cas de pénurie et non pour stabiliser les prix.
Les incertitudes politiques pèsent aussi sur les marchés financiers internationaux. La Banque nationale veille au fonctionnement ordonné des marchés et intervient le cas échéant. Les turbulences provoquées par une guerre en Irak pourraient aussi avoir une influence sur les relations économiques que nous entretenons avec les pays concernés par le conflit. Les échanges commerciaux entre la Suisse et les pays du Moyen-Orient seront probablement affectés. Il est plus difficile de prévoir les effets du conflit sur nos relations avec les Etats-Unis, partenaire très important de la Suisse.
Cette guerre n'a pas lieu aux portes de notre pays. Néanmoins, nos pensées vont aujourd'hui aux populations civiles directement concernées par le conflit. La Suisse lance un appel aux parties afin que celles-ci se conforment strictement aux Conventions de Genève et aux règles du droit international humanitaire. La Suisse, dépositaire et Haute Partie contractante des Conventions de Genève, s'engagera pour le respect intégral du droit international humanitaire. Un accent particulier doit être mis sur le sort de la population civile, déjà durement affectée par les sanctions internationales depuis 1990.
La Division de l'aide humanitaire de la Direction du développement et de la coopération poursuivra, dans la mesure de ses moyens, la mise en oeuvre de ses programmes d'aide humanitaire en Irak et dans la région. La Suisse participera également aux efforts qui seront déployés par le CICR, les institutions spécialisées de l'ONU et la communauté internationale en général, pour couvrir les besoins de la population, y compris et surtout les réfugiés et les personnes déplacées à l'intérieur de l'Irak.
Il convient de rappeler quelques faits. Le président irakien, Saddam Hussein, a accédé au pouvoir par la violence. En 1980, il a ouvert une guerre contre l'Iran, qui a coûté plus d'un million de vies humaines. En 1988, il a réprimé une rébellion de ses compatriotes kurdes en gazant des milliers d'entre eux. En août 1990, comptant sur la passivité de la communauté internationale, il a occupé le Koweït. L'ONU a réagi et a confié à une coalition internationale conduite par les Etats-Unis d'Amérique le soin de libérer le Koweït. Au total, à ce jour, plus d'une dizaine de résolutions de l'ONU ont appelé l'Irak à se conformer aux volontés de la communauté internationale. Nul ne peut nier que les dirigeants irakiens portent une lourde responsabilité dans cette guerre qui s'abat sur eux.
Il n'en reste pas moins que cette guerre n'a pas reçu l'aval du Conseil de sécurité. La Charte des Nations Unies confie un rôle prééminent au Conseil de sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales. C'est un échec pour les Etats qui ont décidé de recourir à la force sans pouvoir se prévaloir d'un mandat de la communauté internationale. C'est un échec pour le Conseil de sécurité des Nations Unies qui n'a pas réussi à rester uni dans la crise irakienne. Enfin, c'est un dangereux précédent pour le système international de sécurité collective.
Pour la Suisse, il est essentiel de rétablir le plus rapidement possible ce rôle prééminent du Conseil de sécurité en matière de paix et de sécurité internationales. La Suisse appelle les membres permanents du Conseil de sécurité à surmonter leurs divisions et à retrouver une approche unie, dans l'intérêt de toute la communauté internationale.
Quelle que soit la manière dont le conflit en Irak sera résolu, l'ONU doit continuer à jouer un rôle central pour l'humanité. D'autres conflits attendent des solutions, au Proche-Orient et ailleurs. Il est essentiel d'oeuvrer de concert, d'élaborer des solutions communes. Il n'y a pas d'alternative au multilatéralisme.
Cette guerre pose la question de la neutralité. Le choix de la neutralité s'inscrit dans une longue tradition de la Suisse, laquelle correspond au droit international et marque notre attachement au respect de la Charte des Nations Unies. Le choix de la neutralité n'a rien à voir avec de l'indifférence à l'égard des menaces très graves que représentent la prolifération d'armes de destruction massive et le terrorisme à grande échelle. Nous participons pleinement à la lutte contre ces menaces. Nous sommes associés aux Etats qui partagent nos valeurs, car notre sécurité dépend de la coopération internationale.
Nous reconnaissons aussi que le recours à la force armée peut s'avérer le moyen ultime pour mettre fin à une situation de très grave danger. Mais l'usage des armes doit être légitime. Et pour être légitime, l'usage de la force doit être explicitement autorisé par le Conseil de sécurité ou être justifié par le motif de la légitime défense.
L'un des traits essentiels de la politique étrangère de la Suisse est qu'elle est fondée sur le droit international. Ce point de référence doit conférer à notre politique étrangère un fondement solide, un profil reconnaissable et une ligne prévisible.
Les faits sont là: la guerre est déclenchée et nous ne pouvons pas revenir en arrière. Il nous reste à espérer que l'intervention américaine pourra contribuer à rétablir une certaine stabilité dans un pays où la population en a grand besoin. Il reste à souhaiter aussi que ce pari sera tenu et que cette intervention ne fragilisera pas l'équilibre précaire qui prévaut au sein des diverses nations du Moyen-Orient et entre elles.
Lors des conflits armés entre Etats, soit qu'ils menacent, soit qu'ils éclatent, le rôle de la Suisse n'est pas de s'y associer. Notre génie historique propre nous invite à tout mettre en oeuvre pour chercher à prévenir le conflit, pour protéger les victimes de la guerre, pour favoriser le retour à la paix et pour lutter contre les causes de la violence. C'est ce à quoi nous vous invitons à vous engager avec le Conseil fédéral.
Cina Jean-Michel · Nationalrat · Wallis · Christlichdemokratische Fraktion
"Die Menschheit muss dem Krieg ein Ende setzen, oder der Krieg setzt der Menschheit ein Ende." Diese Worte hat der 35. Präsident der Vereinigten Staaten, der verstorbene John F. Kennedy, vor vielen Jahren ausgesprochen. Heute stehen die Vereinigten Staaten im Krieg, im Krieg mit dem Irak, in einem Krieg, der nach einer Begründung ruft. Diese fehlt. Ob es überhaupt jemals eine absolute Rechtfertigung und - ich betone - das Recht für diesen Krieg geben wird, darf zumindest bezweifelt werden. Diese Zweifel sind gerade dann begründet, wenn der Krieg wie im vorliegenden Fall offensichtlich nicht mehr als das allerletzte Mittel zur Beseitigung eines Konflikts angesehen und eingesetzt wird. Das muss die Weltgemeinschaft aufrütteln.
Es ist insbesondere auch zu bedauern, dass der Sicherheitsrat der Uno in dieser Frage keine einheitliche Haltung fand. Es gibt Momente, in denen man mit Worten allein wenig bewirken kann. Es gibt Momente, in denen Worte die Leere kaum zu überwinden vermögen, welche ein Krieg in seiner Unfassbarkeit bei uns und bei der betroffenen Zivilbevölkerung auslöst und auslösen wird. Denn jeder Krieg bringt Leid und Schmerz über die Menschen. Es wird Opfer geben. Und letztlich wird mit Sicherheit - das zeigt uns die bittere Erfahrung - die unbeteiligte Zivilbevölkerung als Verliererin dieses Krieges dastehen.
Die CVP-Fraktion hat an der letzten Fraktionssitzung eine Aussprache zu einem drohenden Irak-Krieg geführt. Die Drohung ist nun wahr geworden. Wir reden nicht mehr von einer Gefahr, sondern von einer Tatsache. Heute ist der letzte Funken Hoffnung auf eine friedliche Lösung für den Irak-Konflikt geschwunden. Wir bedauern das zutiefst.
Zum jetzigen Zeitpunkt stellen sich für uns drei grundlegende Fragen:
1. Wie wird die Völkergemeinschaft mit dem unilateralen Vorgehen der USA umgehen? Wie muss sie damit umgehen?
2. Was kann die Schweiz während dieses Krieges tun? Was muss sie tun?
3. Wie gestaltet sich die Nachkriegsordnung?
Für die CVP-Fraktion steht dabei fest, dass sich die USA mit dem unilateralen Angriff auf den Irak ohne ein Uno-Mandat ausserhalb des Völkerrechtes bewegen; dass das humanitäre Völkerrecht respektiert und durchgesetzt werden muss; dass die Kriegsparteien dafür sorgen müssen, die Zivilbevölkerung zu verschonen; dass sich die Schweiz als Depositarstaat der Genfer Konventionen im Rahmen der humanitären Hilfe engagiert, im Speziellen durch das IKRK und vor Ort; dass für die Schweiz während der Kriegshandlungen das Neutralitätsrecht gilt, also eine Gleichbehandlung der Kriegsparteien erfolgt; dass während der Kriegshandlungen Exporte von Kriegsmaterial an die Kriegsparteien eingestellt werden; dass die Gestaltung und Regelung der Nachkriegsordnung nicht durch die Siegermächte allein diktiert wird, sondern im Rahmen und unter der Verantwortung der Uno erfolgt. Die neutrale Schweiz soll dabei ihre Mithilfe anbieten.
Saddam Hussein ist im Unrecht. Er hat Verbrechen begangen, er hat sich nicht an Uno-Resolutionen gehalten. Dem Unrecht darf aber nicht mit Unrecht begegnet werden. Recht geht vor Macht. Wer Teil einer Gemeinschaft ist, hat sich an die Regeln zu halten, die diese sich selbst gegeben hat. Dies tun die Vereinigten Staaten von Amerika und ihre Verbündeten nicht. Die CVP-Fraktion verurteilt das unilaterale Vorgehen. Wir verurteilen aber auch die Haltung von Saddam Hussein, der seinerseits keinen Beitrag zur Verhinderung dieses Krieges geleistet hat.
Krieg bringt Tausenden von Menschen Tod, Vertreibung, Not und Elend. Opfer eines Krieges sind immer auch Frauen, Kinder, alte Menschen und Gefangene. Angesichts der zu erwartenden Entwicklung, aus Respekt vor dem Leid der vom Krieg Betroffenen und als Zeichen unserer Anteilnahme bitte ich den Ratspräsidenten, die versammelten Parlamentarier zur Einhaltung einer Schweigeminute aufzurufen.
Ein Schweigen sagt mehr als tausend Worte. Die CVP-Fraktion verzichtet deshalb darauf, die ihr zur Verfügung stehende Redezeit zu erschöpfen. Ich danke Ihnen für dieses Zeichen der Anteilnahme.
Christen Yves · P-M · Nationalrat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion
Le président du groupe démocrate-chrétien souhaite que l'on marque un temps de silence. Je vous propose de le faire lorsque tous les orateurs se seront exprimés.
Baader Caspar · Nationalrat · Basel-Landschaft · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei
Die SVP-Fraktion bedauert sehr, dass heute Nacht im Irak Krieg ausgebrochen ist; dies vor allem deshalb, weil immer die betroffene Zivilbevölkerung unter solchen Auseinandersetzungen am stärksten leiden muss - Menschen, die diesen Krieg weder verschuldet noch begonnen haben. Wir hoffen, dass die Zahl der Opfer möglichst klein bleibt und dass sich der Konflikt nicht auf andere Länder ausweitet.
Heute muss man feststellen, dass die Staatengemeinschaft, mit dem Sicherheitsrat als ihrem Organ, das für die Sicherheit verantwortlich ist, Schiffbruch erlitten hat. Es geschieht jetzt genau das, wovor die SVP schon vor dem Uno-Beitritt gewarnt hat. Der Bundesrat sagte damals, wir seien nur noch von Freunden umgeben. Und jetzt, nicht einmal ein Jahr danach, ist ein tiefes Zerwürfnis zwischen den Freunden entstanden.
Insgesamt hat der Sicherheitsrat in den letzten zwölf Jahren, seit 1991, 17 Resolutionen zum Irak beschlossen - und keine wesentliche davon erfüllt. Der Sicherheitsrat debattierte, fasste Beschlüsse und konnte sich nicht entschliessen, sein Hauptziel, nämlich die Entwaffnung des Iraks, selbst effektiv durchzusetzen. Daher trägt die Uno eine grosse Mitverantwortung dafür, dass es überhaupt zum Krieg gekommen ist. Sie hat die Umsetzung der eigenen Resolutionen verhindert.
An sich ist die Situation heute dieselbe wie vor dem Kosovo-Krieg. Damals drohten Russland und China im Sicherheitsrat mit ihrem Veto, worauf der Mächtigste allein zuschlug. Damals waren es die USA und die Nato. Die Uno hat dieses Vorgehen erst nachträglich, nach dem Waffenstillstand, mit einer Resolution sanktioniert. Eigentlich stellte dieses Vorgehen der USA und der Nato eine Verletzung von Uno-Völkerrecht dar, dürfte doch eine militärische Aktion gegen einen Mitgliedstaat der Uno nur nach vorgängigem Beschluss des Sicherheitsrates erfolgen. Und jetzt? Jetzt machen die USA wieder dasselbe wie in Kosovo, nur mit dem Unterschied, dass die Europäer sich anders verhalten.
Aus Schweizer Sicht muss festgestellt werden, dass sich einmal mehr nicht das Recht - auch nicht Uno-Recht -, sondern einzig und allein die Macht durchgesetzt hat. Dort, wo Macht über das Recht dominiert, gibt es für die Schweiz nur eine Haltung, und die heisst: strikte Neutralität. Wir dürfen uns nicht in diesen Konflikt hineinziehen lassen, weder aufseiten der USA noch aufseiten der machtlosen Uno. Aus diesem Grunde fordern wir den Bundesrat zu folgenden vier konkreten Massnahmen auf:
1. Der Bundesrat muss dafür sorgen, dass die Schweiz als Folge dieses Konfliktes wieder zur Politik der immerwährenden, bewaffneten Neutralität zurückkehrt. Das heisst, der Bundesrat darf beispielsweise in diesem Konflikt keiner Partei Überflugrechte über unser Land gewähren. Unsere Bevölkerung erwartet dies. Dieser Konflikt wird zu einer Bewährungsprobe für die Neutralität unseres Landes werden.
2. Der Bundesrat hat sofort alle notwendigen Massnahmen für den Schutz unseres eigenen Landes zu treffen, sei es vor terroristischen Anschlägen, sei es aber auch davor, dass unser Land von irgendeiner Partei als Plattform missbraucht wird.
3. Der Bundesrat soll erklären, dass die Schweiz als neutrales Land für Gute Dienste und humanitäre Hilfe zur Verfügung steht.
Dies kann er aber nur, wenn er sich jeglicher Parteinahme enthält. Als neutrales Land ist die Schweiz prädestiniert, solche Hilfe zu leisten. Die finanzielle Hauptverantwortung dafür haben aber jene zu tragen, die diesen Krieg begonnen haben.
4. Schliesslich soll der Bundesrat sofort seine Mitgliedschaft bei "Partnership for Peace" sistieren und überdenken. Dieses Projekt baut nämlich auf der Illusion auf, dass es nur noch einen gemeinsamen Willen der Völkergemeinschaft gibt, weltweite Ordnung zu garantieren. Diese Illusion ist mit dem heutigen Tag gescheitert.
Die begonnene Eskalation des Irak-Konfliktes zeigt, dass die SVP mit ihren seinerzeitigen Bedenken gegen den Uno-Beitritt einmal mehr sehr rasch Recht bekommen hat. Eigentlich müsste man diesen bereits wieder überprüfen, zeigt sich doch, dass die strikte Neutralität die einzige zu verantwortende Haltung für den Kleinstaat Schweiz ist.
Reimann Maximilian · Ständerat · Aargau · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei
Nationalrat Baader hat Ihnen eben die vier Forderungen meiner Partei im Zusammenhang mit dem neuen Irak-Krieg dargelegt. Ich unterstütze diese Forderungen.
Die erste und wichtigste ist für mich die Beachtung und Einhaltung strikter Neutralität. Dazu möchte ich ein paar vertiefte Gedanken anbringen, und dazu habe ich, aus aktuellem Anlass, gestern in meinem Rat einen Vorstoss eingereicht. Darin wird der Bundesrat eindringlich gebeten, eine klare Strategie aufzuzeigen, wie die Schweiz, auch in schwierigen Zeiten wie jetzt, die immerwährende und bewaffnete Neutralität zu bewahren gedenkt.
Sinn und Zweck der schweizerischen Neutralität scheinen offenbar von einem Teil unseres Volkes nicht mehr richtig verstanden zu werden. Eine Mitschuld dafür orte ich auch beim Bundesrat. Das hat sich auch im Vorfeld dieses neuen Irak-Krieges gezeigt. Da wurde, zu Recht, zu einem humanitären Treffen nach Genf eingeladen, aber eine der beiden Konfliktparteien erhielt keine Einladung. Ist das vereinbar mit gelebter Neutralität?
Oder: Der Bundesrat erklärte sich zu einem Meeting der letzten Chance zwischen den beiden Konfliktparteien bereit, verhängte kurz darauf aber eine Einreisesperre über Saddam Hussein und seinen grossen Familienclan. Ja, hätte sich Saddam zur Annahme der Einladung bereit erklärt und einen seiner Söhne zur Teilnahme entsandt, welch eine Blösse hätte sich der Bundesrat auf der Weltbühne gegeben, wenn das Treffen wegen dieser Einreisesperre geplatzt wäre!
Richtig ist hingegen die vom Bundesrat befolgte Praxis, keiner Kriegspartei den Überflug mit Kampfflugzeugen zu gewähren. Selbst bei Vorliegen einer Uno-Resolution, die die Anwendung von Waffengewalt gegenüber einem unbotmässigen Mitglied rechtfertigt, ist der Bundesrat nicht einfach zur Gewährung von Überflugsrechten bereit. Auch diese Haltung ist richtig. Wobei ich mit dem Bundesrat einig gehe, dass unter gewissen Voraussetzungen eine Ausnahme von dieser Regel denkbar ist, beispielsweise dann, wenn dadurch der Konflikt schneller beendet und das Leiden der Zivilbevölkerung vermindert werden kann.
Die Schweiz hat bei der Aufnahme in die Uno-Vollversammlung vor einem halben Jahr die uns bekannte Neutralitätserklärung abgegeben. Dazu stellen sich nun konkrete Fragen:
1. Welche Bedeutung hat diese Erklärung angesichts des aktuellen Konflikts ohne Resolution für die Kriegsermächtigung?
2. Welche Bedeutung hätte sie, wenn besagte Resolution im Sicherheitsrat doch noch zustande gekommen wäre?
3. Vielleicht etwas visionär nach vorne geschaut: Wie würde sich die Schweiz verhalten, wenn sie dereinst selber einmal Mitglied im Uno-Sicherheitsrat würde?
Es ist unerlässlich, dass der Bundesrat das Parlament baldmöglichst über die anvisierte Neutralitätsstrategie in Kenntnis setzt und sich insbesondere auch mit den zuständigen Parlamentskommissionen abspricht.
Es verbleibt mir zum Schluss, meiner Hoffnung Ausdruck zu geben, dass dieser Krieg möglichst rasch beendet werden kann. Ich unterstütze dabei den Bundesrat voll und ganz in seinem Bemühen, an der humanitären Front allen Kriegsparteien aktiv zu helfen und seine Guten Dienste anzubieten. Ebenso begrüssenswert ist es, dass die Schweiz als Signatarstaat der Genfer Konventionen bei allen Konfliktparteien auf strikte Einhaltung des humanitären Völkerrechtes drängt. Auch das gehört zur neutralitätspolitischen Verpflichtung unseres Landes. Zudem erhoffe ich mir, dass die vier Millionen irakischen Bürgerinnen und Bürger, die im Verlaufe der letzten Jahre und Jahrzehnte im Ausland Zuflucht gesucht und gefunden haben, möglichst bald in geordnete und sichere Verhältnisse nach Hause zurückkehren können.
Christen Yves · P-M · Nationalrat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion
Vu la gravité de la situation, je vous invite à ne pas introduire dans vos propos des éléments qui pourraient apparaître comme propagande de parti. (Applaudissements partiels)
Fässler Hildegard · Nationalrat · St. Gallen · Sozialdemokratische Fraktion
Bis zuletzt hat sich in mir alles dagegen gesträubt, mit diesem Krieg rechnen zu müssen. Ich wollte und konnte seine Unabwendbarkeit nicht wahrhaben. Nun ist das Undenkbare trotzdem eingetroffen, allen Friedensmärschen von Millionen von Menschen auf der ganzen Welt, von Zehntausenden in der Schweiz zum Trotz. Es gibt keinen gerechten Krieg, es gibt keinen anständigen Krieg. Krieg produziert nur Opfer, keine Gewinner. Krieg verursacht nur Leid. Die Ersten, die unter einem Krieg leiden, sind die Menschen im Kriegsgebiet im Irak. Die seit dem letzten Krieg immer noch geschwächte irakische Zivilbevölkerung - vor allem Frauen und Kinder - wird nochmals hart getroffen. Leiden werden aber auch die eingesetzten amerikanischen Soldatinnen und Soldaten und ihre Familien. Auch wer heil an Gliedern nach Hause kommen wird, bleibt nicht ohne Schaden, Schaden an der Seele. Das 20. Jahrhundert hat uns dies drastisch vor Augen geführt.
Krieg ist eine Niederlage der Politik, die Konflikte doch mit zivilen Mitteln lösen können müsste. Dieser Krieg ist eine Niederlage der Diplomatie. Zu früh, viel zu früh hat die arrogante Haltung der USA eine Lösung ohne Krieg blockiert und schliesslich verhindert. Zu früh haben die USA in Freund und Feind geteilt. Schaden gelitten hat schliesslich eine grundlegende Idee der Demokratie. Das Prinzip, dass Demokratien keine Angriffskriege führen und sie damit die Garanten für die Sicherheit der Welt sind, gilt seit heute nicht mehr, fahrlässig geopfert von den USA. Es steht zu befürchten, dass das Konzept des vorbeugenden Kriegs wieder salonfähig wird. Das darf nicht geschehen. Schaden genommen hat die Uno. Es wird ohne Uno-Mandat Krieg geführt. Schaden genommen hat die EU, das europäische Friedensprojekt des letzten Jahrhunderts. Ihre Stimme hat sich in Partner und Widersacher von Präsident Bush und damit in Kriegsbefürworter und Kriegsgegner aufgespaltet. In dieser Stunde, in der mir eigentlich zum Schweigen zumute ist, müssen wir reden, sagen, dass dieser Krieg beendet werden muss - rasch.
Wir müssen darüber reden, was die Verantwortung dieses Parlamentes und unseres Landes ist. Letzte Woche hat unser Rat die Behandlung der Friedenskredite verschoben - welch unerträgliche Gewichtung der Geschäfte, angesichts eines drohenden Krieges. Wir haben eine Verantwortung für den Frieden. Heute sprechen wir von Frieden, den wir uns so sehr zurückwünschen. Spätestens heute Nachmittag müssen diesem Wunsch Taten folgen. Wir müssen die Friedenskredite beschliessen. Die Verantwortung der Schweiz, dem Land der Genfer Konventionen, liegt im Einsatz für den Frieden, für die Unterstützung der Bevölkerung und den Wiederaufbau des zerstörten Landes nach Kriegsende. Die Schweiz muss ihre Guten Dienste anbieten. Die Schweiz hat ein dichtes Netz von Beziehungen zu den verschiedensten Organisationen, die in der Wiederaufbauhilfe tätig sind. Neben dem Einsatz von finanziellen und personellen Mitteln bei der Deza und beim Schweizerischen Korps für humanitäre Hilfe, die aufgestockt werden müssen, ist das Angebot zur Koordination der Hilfe an die Völkergemeinschaft von zentraler Bedeutung. Hier kann und muss unser Land seine Pflicht wahrnehmen.
Die SP war und ist eine Friedenspartei. Wir sagen Ja zu einer endgültigen Entmilitarisierung des aktuellen irakischen Regimes durch Uno-Waffeninspektoren. Wir sagen Ja zur politischen Isolierung von Saddam Hussein. Wir verlangen, dass alle Uno-Resolutionen mit derselben Kraft durchgesetzt werden, nicht nur jene, hinter denen eine Grossmacht mit ökonomischem Interesse steht. Wir sagen Nein zu Überflugsrechten für amerikanische Militär- und Transportflugzeuge. Wir verlangen die strikte Anwendung des Kriegsmaterialgesetzes. Die USA führen Krieg. Für sie darf es keine Ausnahme geben.
Die Schweiz muss alle ihre Möglichkeiten ausschöpfen, die zu einem baldigen Ende dieses Krieges führen und die Leiden der Menschen, vor allem der Frauen und Kinder, lindern. Dann muss gelten: nie wieder Krieg!
Brunner Christiane · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion
Contre la volonté du Conseil de sécurité des Nations Unies, contre la volonté de la majorité de la communauté des Etats, contre la volonté de la majorité des peuples du monde, le gouvernement des Etats-Unis d'Amérique a décidé d'entrer en guerre contre l'Irak. Cette guerre constitue une violation manifeste du droit international.
Quand il s'agit de faire face à des régimes dictatoriaux, de mettre fin aux exactions que des régimes exercent contre leur propre peuple, les mesures de contrainte, au besoin indispensables, doivent être définies, mises en oeuvre et contrôlées par la communauté internationale, qui s'est donné à cette fin les instruments nécessaires dans le cadre de l'Organisation des Nations Unies. Ces mesures ne peuvent et ne doivent pas être prises unilatéralement par un Etat qui abuse ainsi de sa puissance.
Cette guerre est de plus une faute politique majeure parce que les valeurs qui fondent une société ouverte, telles que la démocratie, la liberté, la paix et la primauté du droit, ne s'imposent pas par la guerre. Une société ouverte et démocratique garante de la paix et du développement, une société qui respecte les droits de l'homme, cette société se construit par la concertation, par les mesures de confiance et par le renforcement des coopérations internationales.
C'est vrai, le régime de Saddam Hussein a été terriblement dangereux et les guerres qu'il a menées ont causé des souffrances indicibles. Mais est-ce en déclenchant une guerre supplémentaire que l'on va apaiser un Moyen-Orient meurtri et créer les bases d'une société durablement pacifiée? Nous répondons non.
Par son adhésion à l'Organisation des Nations Unies, notre pays a voulu que sa politique traditionnelle de neutralité se conjugue au présent de la solidarité. Dans la ligne de sa neutralité solidaire, la Suisse s'abstient de soutenir de quelque manière que ce soit l'effort de guerre des parties au conflit. Cette neutralité solidaire n'est pas une pure déclamation. Elle s'exprime en actes.
Nous demandons au Conseil fédéral d'interrompre sans délai et pour une durée indéterminée toute coopération militaire avec les belligérants et nous le soutenons dans la volonté qu'il manifeste à ce propos. Cette non-coopération doit être étendue à toutes les activités liées au commerce des armes ainsi que des marchandises et technologies duales, et pas seulement aux marchandises ou aux armes qui peuvent être directement utilisées dans cette guerre.
Face à la mise en échec du Conseil de sécurité des Nations Unies, notre neutralité active implique aussi un engagement accru en faveur du droit international. En particulier le Conseil fédéral, et nous le soutenons, s'efforcera d'assurer le respect absolu du droit international humanitaire par tous les belligérants.
En ces heures dramatiques, nos pensées vont d'abord aux victimes de cette guerre. Notre devoir à leur égard et notre engagement pour la paix nous commandent de travailler à la cohésion des Nations Unies et au renforcement du droit international, car nous voulons prévenir l'insécurité généralisée et éviter la multiplication des affrontements meurtriers.
Pelli Fulvio · Nationalrat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion
È scoppiata una nuova guerra, ne siamo costernati. Ancora una volta l'illusione delle soluzioni basate sulla violenza ha avuto la meglio sulla logica del dialogo, in un mondo che pur tuttavia cerca in tutti i modi di darsi delle istituzioni internazionali efficienti.
Come tutte le guerre, anche questa avrà le sue vittime innocenti. A loro pensiamo con profondo rispetto e con rammarico. Il mondo rimane ingiusto nei confronti degli innocenti. E come tutte le guerre, anche questa ha le sue origini. Vediamo bene quelle vicine, legate ad un comportamento - che fatichiamo a comprendere - di un grande paese che ci è fratello, gli Stati Uniti d'America. Ma non dobbiamo dimenticare le origini più profonde di questa guerra, che sono ancora una volta mediorientali.
Die FDP verurteilt in aller Schärfe die Nichtbefolgung von 17 Uno-Resolutionen durch das Regime von Saddam Hussein sowie die Menschenrechtsverletzungen und die Ansammlung von Massenvernichtungswaffen im Irak. Ohne diese Elemente wäre kein Krieg - mit oder ohne Uno-Mandat - entstanden. Herr Bundespräsident Couchepin hat daran erinnert, dass 1980 der Irak den Krieg gegen den Iran ausgelöst hat, dass ab 1988 Tausende Kurden vergast wurden und dass 1990 der Irak als Aggressor gegenüber Kuwait auftrat. Die Nachkriegszeit wird uns mit hoher Wahrscheinlichkeit noch Schlimmeres beweisen.
Es liegt kein Uno-Mandat des Sicherheitsrates für den laufenden Krieg vor. Nach Völkerrecht ist die Intervention der Vereinigten Staaten und ihrer Alliierten demnach nicht zulässig. Fakt ist, dass trotzdem interveniert worden ist. Wir sind deshalb mit der Haltung der Vereinigten Staaten nicht zufrieden. Wir glauben auch nicht, dass dieser Krieg die Sicherheitsprobleme der Welt lösen wird.
Die FDP betrachtet sich jedoch nicht als Richterin. Sie weiss, dass die Ereignisse des 11. Septembers 2001 die Vereinigten Staaten in eine Krise gestürzt haben, die noch nicht überwunden ist. Die Amerikanerinnen und Amerikaner haben Angst, Angst vor Terrorismus, Angst vor Massenvernichtungswaffen, Angst vor den Ländern, die von skrupellosen Diktatoren geführt werden. Und der Irak gehört dazu. Wir wollen deshalb nicht verurteilen. Wir möchten versuchen, besser zu verstehen.
Es ist jedoch festzustellen, dass die Vereinigten Staaten seit einigen Jahren die Tendenz zeigen, die Entscheide der internationalen Gemeinschaft und generell anderer Staaten nicht berücksichtigen zu wollen. Beispiele von solchem Verhalten sind die Haltung gegenüber dem Kyoto-Protokoll, die Haltung gegenüber der Gründung des Internationalen Strafgerichtshofes, der untragbare Schutz von amerikanischen Dienstpflichtigen, die ausländische Gesetze verletzen wie im Falle des Seilbahnunfalles in Italien. Diese Haltung der amerikanischen Regierung erschwert die Beziehungen zwischen den Vereinigten Staaten und ihren natürlichen Partnern und dazu das Verständnis der Bevölkerung für die amerikanische Politik. Das macht uns Sorgen.
Die Mitglieder der amerikanischen Allianz sind ebenso wie der Irak als Krieg führende Staaten zu betrachten. Es ist deshalb klar, dass die Schweiz als neutraler Staat - auch innerhalb der Uno - keine Exporte von Kriegsmaterial leisten darf, das im Konflikt eingesetzt wird. Auch militärische Überflüge sind bei dieser Ausgangslage mit der Neutralität nicht vereinbar und deshalb nicht zu gestatten.
Die FDP-Fraktion tritt aber in aller Deutlichkeit jenen Kräften entgegen, die verlangen, den Handel mit den USA zu boykottieren. Zum Ersten gibt es keine solchen internationalen Sanktionen. Zum Zweiten sind die USA ein befreundeter Staat, mit dem wir die guten Beziehungen erhalten wollen. Zum Dritten wären solche Massnahmen geradezu kontraproduktiv für die Interessen unseres Landes. Überspitzte Reaktionen sind nach unserer Meinung zu vermeiden.
Langenberger Christiane · Ständerat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion
Il m'appartient de parler de l'ONU et de l'après-guerre. Est-ce indécent? Nous vivons depuis des semaines dans la perspective d'un cauchemar, de visions d'horreur. Il nous reste dès lors à souhaiter que la guerre se termine le plus rapidement possible et, peut-être, à nous dire que le statu quo était lui aussi intolérable.
Nous souhaitons tout d'abord affirmer que l'ONU garde à nos yeux toute sa raison d'être, et nous insurger contre certains milieux qui semblent vouloir semer le doute sur l'avenir de l'ONU. Si le Conseil de sécurité est en crise, cela n'implique pas une crise de l'ensemble de l'organisation, responsable d'innombrables activités indispensables à l'amélioration des conditions de vie sur notre planète. Il sera au contraire nécessaire d'avoir une majorité de pays qui, sous l'égide de l'ONU, gèrent l'après-guerre et tentent de trouver une solution face à la toute-puissance des Etats-Unis. Sans l'ONU, on risque de basculer dans un monde qui ne respecte plus les droits de l'homme et des peuples, où domine la loi du plus fort sur le plus faible. Il faudra effacer cette exception d'une nation qui, contre une majorité des pays de l'ONU, a fait intervenir la force, et réapprendre que le droit doit primer la force, au risque, sinon, d'ouvrir une ère d'incertitude générale dans laquelle pourraient s'engouffrer de nombreuses régions, au nom des mêmes arguments.
Il s'agira de trouver des réponses à l'interprétation que le monde musulman risque de faire de cette attaque en estimant que c'est la chrétienté qui se lance dans une nouvelle guerre de religion. Il faudra donc reconstruire le dialogue avec le monde arabe, sous peine de déclencher une crise durable entre les pays à dominance judéo-chrétienne et les pays à dominance islamique. L'ONU, l'ONU seule est à même d'engager cette politique. Et puis, n'oublions pas que l'Europe a été certes dominée pendant des siècles par les musulmans, mais aussi enrichie par eux, et que notre culture en est largement inspirée.
L'ONU devra tout mettre en oeuvre afin d'organiser la reconstruction de l'Irak. Certes, les Etats-Unis parlent depuis longtemps de l'après-guerre, mais seront-ils véritablement accueillis en sauveurs? On peut en douter, même si nous en savons un peu plus sur les atrocités commises par le régime de Saddam Hussein.
Les membres de l'ONU devront également se poser des questions sur la faiblesse de l'opposition à la guerre, sur de multiples contradictions qui ont jalonné leurs relations avec l'Irak. L'Europe aussi devra revoir sa politique étrangère et de sécurité à la lumière de cette guerre.
Nous espérons enfin que l'attention se portera rapidement à nouveau sur d'autres pays qui disposent, eux, de manière indubitable de moyens de destruction massive, d'armes atomiques.
En ce qui concerne notre pays, nous sommes évidemment favorables à l'envoi de troupes, une fois que la situation sera stabilisée bien entendu, de même qu'à l'envoi d'experts civils spécialisés dans la promotion des droits de l'homme et de l'Etat de droit. La Suisse dispose d'une véritable compétence en la matière et a des atouts à faire valoir dans ce domaine.
Et puis, aujourd'hui, nous sommes en pensée avec toutes ces femmes, tous ces enfants, tous ces hommes qui sont frappés par une nouvelle guerre.
Bühlmann Cécile · Nationalrat · Luzern · Grüne Fraktion
Stellen Sie sich vor, es gibt Krieg, und keiner geht hin. Das wäre das Szenario, für welches sich die Bevölkerungen aller Länder der Welt entschieden hätten, wenn sie die Entscheidung hätten fällen können. Noch nie in der Geschichte der Menschheit gab es in den Wochen und Monaten vor Kriegsbeginn eine so gewaltige Antikriegsbewegung wie in diesem Fall. Millionen von Menschen gingen weltweit auf die Strassen und versuchten, den Krieg mit friedlichem Protest zu verhindern - erfolglos, wie die letzte Nacht gezeigt hat. Es sind die ersten Bomben auf Bagdad gefallen. Allen Protestbewegungen, allen Appellen an Vernunft und Diplomatie, allen verzweifelten Versuchen der Uno zum Trotz hat der Mann, der mit der grössten institutionellen, militärischen und ökonomischen Macht der Welt ausgestattet ist, entschieden, dass Bomben statt Diplomatie den Irak-Konflikt entscheiden sollen. Im Rückblick wird man wohl von der "Chronik eines angekündigten Krieges" sprechen müssen. Denn ganz offensichtlich war es Bush und seiner Administration von Anfang an klar, dass sie diesen Krieg wollten und dass sie die Diplomatie bewusst ins Abseits laufen liessen.
Wer wie Bush eine religiöse Mission zu erfüllen glaubt und Gott auf seiner Seite wähnt, ist rationalen Argumenten nicht mehr zugänglich. Das ist das Wesen des Fundamentalismus: genau zu wissen, wer gut und wer böse ist, keine Zwischentöne zuzulassen und allen Andersdenkenden Schwäche und schlechte Motive zu unterstellen. Fundamentalisten, welche die Religion für ihre Zwecke instrumentalisieren und im Namen Gottes Kriege führen, haben immer schon Unheil über die Welt gebracht. Für uns ist es unglaublich, dass der erste Krieg im dritten Jahrtausend, der waffentechnisch auf dem Niveau von "Star Wars" ist, eine ideologische Begründung wie zu Zeiten der Kreuzzüge im tiefsten Mittelalter hat.
Warum genau Blair und Aznar sich ins Schlepptau Bushs nehmen liessen, bleibt für uns Grüne eine der unerklärlichen und unbeantworteten Fragen; aber dafür werden die beiden ihren Bevölkerungen noch einmal Rechenschaft ablegen müssen. Mit einem unerträglichen Gefühl der Wut, der Ohnmacht und der Trauer im Bauch bleibt uns hier nichts anderes übrig, als der gigantischen Kriegswalze auch weiterhin zivile und friedliche Mittel entgegenzusetzen, indem wir z. B. auf die Krieg führenden Länder mit Boykott reagieren, ihnen die Überflugrechte verweigern und - das ist ganz wichtig - die Folgen dieses Krieges für die Zivilbevölkerung mit humanitärer Hilfe und der grosszügigen Aufnahme von Kriegsflüchtlingen bewältigen helfen.
Herr Bundespräsident, wir sind froh, dass der Bundesrat vor zwei Tagen entschieden hat, dass die in der Schweiz lebenden irakischen Asylsuchenden vorläufig in der Schweiz bleiben dürfen, und bitten Sie, dass deren Angehörige unverzüglich auch bei uns Schutz erhalten, wenn sie gefährdet sind.
Wir können noch mehr tun. Herr Bundesrat, Sie müssen diesen Krieg unmissverständlich als völkerrechtswidrig verurteilen. Sie haben dabei die Schweizer Bevölkerung auf Ihrer Seite, wenn Sie das tun. Als Zeichen des Protests können Sie die Schweizer Botschafter aus den Krieg führenden Ländern zurückrufen. Rüstungsexporte in die Krieg führenden Länder, aber auch Importe aus diesen Ländern, müssen gestoppt werden.
Wir Grünen, die wir unsere Wurzeln in der pazifistischen Bewegung haben, sind felsenfest davon überzeugt, dass Krieg immer das falsche Mittel ist, um Konflikte zu bewältigen. Wir werden unbeirrt an dieser friedlichen Welt weiterbauen helfen, auch wenn im Moment diese Utopie weit entfernt erscheint. Als Mitglied der Uno haben wir wenigstens einige Mittel mehr dazu. Gut, dass wir dabei sind, auch wenn die Uno im Moment geschwächt ist; denn langfristig schützt uns als kleiner Staat nur das Völkerrecht, auch wenn im Moment die Waffen sprechen.
Für die Zivilbevölkerung hoffen wir inständig, dass dieser Krieg kurz sei. In Gedanken sind wir bei ihr.
Wir haben auch einen Ordnungsantrag für ein Schweigen eingereicht. Anne-Catherine Ménétrey wird ihn nachher noch begründen.
Mugny Patrice · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion
Ainsi, George W. Bush a déclaré la guerre. Ainsi, parce que cet homme a décidé que cette guerre devait avoir lieu, la population irakienne sera bombardée. Des milliers, peut-être et probablement plus certainement des dizaines de milliers d'enfants, de femmes et d'hommes seront tués ou blessés. Ainsi, parce que George Bush l'a décidé, le droit international est bafoué, l'ONU est ignorée, et l'immense majorité du peuple humain simple spectateur d'un massacre sciemment voulu depuis des mois. Soyons clairs: il s'agit d'un crime et de l'inquiétante émergence d'une nouvelle forme de grand banditisme international.
Par le passé, les Etats-Unis n'avaient déjà pas hésité à moult reprises à violer le droit et la morale les plus élémentaires pour imposer leur loi à des populations. Qui ne se souvient du Chili! Mais ils n'avaient pas osé jusqu'ici présenter ces exactions comme des oeuvres du bien. Aujourd'hui, M. George Bush arrive à présenter un massacre délibéré comme une oeuvre de salubrité publique.
Que l'on nous comprenne bien, le régime irakien et son dictateur, M. Saddam Hussein, sont ignobles. Leur fin constituerait effectivement un progrès pour l'humanité, de la même manière que la chute de tous les régimes oppresseurs serait un bienfait pour l'humanité, régimes dont il faut rappeler que plusieurs sont aujourd'hui soutenus par ce même gouvernement américain. Un gouvernement qui dénonce aujourd'hui - à juste titre - le gazage de villages kurdes par Saddam Hussein; mais à l'époque, les Etats-Unis n'avaient pas pipé mot! Il faut dire qu'à ce moment-là, M. Hussein était un ami!
Nous ne défendons donc aucunement M. Saddam Hussein; mais ce qui se déroule sous nos yeux est révoltant.
Premièrement, les Etats-Unis n'ont aucune légitimité pour jouer au chevalier des droits humains, qui plus est en passant outre à la volonté de la communauté internationale.
Mais, deuxièmement, rien ne justifie tout à coup l'urgence d'aller aujourd'hui bombarder des populations civiles pour soi-disant les libérer. L'exemple de l'Afghanistan, où les bandes armées criminelles ont remplacé le régime honni des talibans, montre à l'évidence que, pour les Etats-Unis, les droits humains relèvent plus du prétexte que d'un réel souci humaniste.
Nous savons tous, dans cette salle et en dehors, qu'entre la défense concrète des principes et les soi-disant nécessités de la realpolitik, la plupart des gouvernements ne choisissent en général pas les droits humains. Mais en déclarant ainsi cette guerre, M. Bush franchit un pas supplémentaire. Il prétend combattre les voyous de l'humanité, mais il vient de prouver qu'il est un des pires voyous que cette planète comprend aujourd'hui.
Gardons cependant l'espoir que de cette tragédie sorte une Europe plus forte et plus cohérente politiquement, capable de proposer au monde d'autres perspectives que celle imposée aujourd'hui.
Comme l'a déjà dit Cécile Bühlmann, le groupe écologiste espère que le Conseil fédéral appliquera très strictement l'interdiction de survol de notre territoire par des avions militaires, à l'exception bien sûr des convois humanitaires et des transports de blessés. Nous demandons également de cesser immédiatement toutes les exportations et importations d'armes avec les pays agresseurs. Enfin, le groupe écologiste demande au Conseil fédéral de rappeler ses diplomates en poste dans ces pays, et il soutiendra la campagne de boycott lancée par le Centre Martin Luther King.
Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion
Ce qu'il y a de terrible, en ce début d'année 2003, c'est qu'on attendait la guerre: on la prévoyait, on l'attendait un peu comme on attend la grêle, un peu comme on attend la pluie, comme si, en quelque sorte, la guerre était devenue banale. Cette banalisation de la guerre, par rapport aux efforts constants pour établir le droit et la solution pacifique des conflits, est quelque chose de très inquiétant.
Bien sûr, dans l'événement - cela a été souligné notamment par M. Couchepin, président de la Confédération - la responsabilité de l'Irak est écrasante. Elle est écrasante, mais il n'empêche que l'on pouvait penser qu'à force de pressions diplomatiques, à force de pression internationale, avec les inspections qui se renforçaient, en donnant un peu de temps au temps, on arriverait à faire respecter les résolutions de l'ONU. Et on ne peut pas se départir de l'impression que tous ces efforts avaient quelque chose de dérisoire, parce que la guerre avait été préalablement décidée, programmée.
Le groupe libéral prend la mesure de la gravité de cet événement et également des souffrances infligées à une population irakienne, souffrances causées par le régime odieux de Saddam Hussein, et souffrances qui vont être infligées par la guerre.
Pour le groupe libéral, il ne s'agit pas d'entrer dans la tentation de l'antiaméricanisme. Nous savons tous ce que nous devons aux Américains. Nous savons que nous leur devons la liberté, la liberté chez nous, et en Europe en général. Nous savons que, plus récemment encore, grâce aux fusées Pershing par exemple, nous avons probablement échappé à de nouvelles tentatives d'imposer un ordre totalitaire à toute l'Europe et qu'en tout cas, la fermeté de l'Europe occidentale et de l'OTAN a précipité la fin du totalitarisme communiste. Nous sommes donc pour la fermeté; nous sommes donc, quand il faut, aussi pour une démonstration de force. Et nous savons également que c'est la fermeté qui doit être le principe et l'action face au terrorisme. Donc, nous n'entrerons jamais dans l'idéologie pacifiste qui est faite d'agressivité pacifiste et d'antiaméricanisme.
Mais si nous voulons que ce monde devienne plus juste, nous croyons qu'il faut que la force s'appuie sur le droit: il faut la force et la légitimité donnée par la communauté internationale par le biais de l'ONU. Encore une fois, nous pensons que cela n'a pas été le cas.
Bien sûr, il y a cette idée américaine un peu messianique - car il n'y a pas que la défense des intérêts dans les motivations de l'administration Bush - que, par des guerres préventives, on luttera contre les foyers du terrorisme et que l'on répandra en sorte une contamination démocratique. Eh bien, c'est un pari dangereux, un pari du fort qui croit, comme dans un western, que par sa force, il va faire régner ensuite le droit et la justice. Il est bien plus à craindre les effets pervers d'une telle tentation et d'une telle action, qu'il y ait une déstabilisation en profondeur de régimes dont les opinions publiques contestent les dirigeants - qui sont plus ou moins complaisants vis-à-vis de cette action américaine -, qu'il y ait des rancunes accumulées et qu'à long terme, il y ait plus d'incitation au terrorisme que de prévention de celui-ci.
Nous avons remarqué aussi que cette façon de passer outre, si je puis dire, la légitimité de la communauté internationale a divisé celle-ci. Elle a divisé l'Europe aussi, et cela est extrêmement préoccupant.
L'espoir du groupe libéral, c'est d'abord que cette guerre soit, si je puis dire, la moins meurtrière possible - puisque de toute façon, elle le sera -, qu'elle cause le moins de souffrances possible, qu'elle soit la plus courte possible et qu'en effet, il y ait des efforts qui redeviennent des efforts internationaux à l'enseigne de l'ONU. C'est la seule enseigne possible pour la reconstruction. En ce qui concerne la Suisse, naturellement - Monsieur le Président de la Confédération, vous l'avez dit -, il faut qu'elle soit fidèle à sa neutralité et à l'esprit de sa neutralité qui n'est pas abstention, qui n'est pas indifférence, qui n'est pas recul autoprotecteur, mais qui est aussi engagement, engagement diplomatique pour la restauration du droit et engagement humanitaire, et humanitaire accru - nous sommes d'accord avec les propositions en ce sens - pour aider autant que faire se peut à apaiser les souffrances et pour aider également à reconstruire ce pays.
La Suisse a le devoir d'avoir la parole claire, de parler clair et d'agir clairement selon sa vocation, selon son devoir, et également selon sa conviction qu'un monde plus juste ne peut être que le fait d'une communauté internationale soudée, attachée au droit. Nous devons être les défenseurs du droit, et nous devons porter à travers cette tragédie l'espoir d'un monde meilleur fondé sur le droit.
Studer Heiner · Nationalrat · Aargau · Evangelische und Unabhängige Fraktion
Wir sind dankbar, dass durch all die Voten, die wir gehört haben, wenigstens in einer zentralen Frage Einigkeit besteht: Es besteht Einigkeit darüber, dass es diesen Krieg nicht hätte geben dürfen und, in diesem Zusammenhang, dass unser Land in jeder Hinsicht neutral ist und bleibt und dass daran kein Zweifel besteht. Bei anderem, haben wir gehört, besteht keine Einigkeit mehr, und da ist es wichtig, dass wir versuchen, miteinander Schritte zu tun. Von daher kann ich zuerst sagen, man könnte unsere Haltung etwa so umschreiben: Wir lieben die Menschen, die im Irak leben, und deshalb wollen wir nicht, dass sie unschuldige Opfer sind; und wir lieben die Menschen in den USA, und diese Menschen sind und bleiben ebenfalls unsere Freunde. Das, meinen wir, sollte ein wesentlicher Teil der Grundlage für die nächsten Schritte sein.
Wir unterstützen all das, was für den Bund im Bereiche der Uno, zu der immerhin Volk und Stände Ja gesagt haben, möglich ist. Es geht jetzt darum, den Auftrag zu erfüllen, der dort möglich ist. Wir sind aber auch der Meinung, dass wir alles tun sollten, damit unser Land - neben den Möglichkeiten, die es als Kleinstaat im Bereiche der Diplomatie hat - auch die entsprechende Solidarität wahrnimmt, sodass wir in der Staatengemeinschaft nicht in erster Linie als Land wahrgenommen werden, das sich nur dann äussert, wenn die eigenen materiellen Interessen betroffen sind. Vielmehr ist das alles als Ganzes zu sehen. Da möchten wir dahinter stehen.
Ich möchte ganz bewusst noch aufnehmen, was Frau Bühlmann bezüglich der Haltung des amerikanischen Präsidenten angetönt hat. Ich war im Februar dieses Jahres zusammen mit Kollege Ruey am jährlich stattfindenden "National Prayer Breakfast". Das ist eine Gebetsveranstaltung, zu der von den Kolleginnen und Kollegen des Senats und des Repräsentantenhauses eingeladen wird. Da waren Teilnehmende aus über hundert Ländern dabei, und vor allem das ganze politische Spektrum des amerikanischen Parlamentes, das sich auf das Zentrale besinnen wollte. Ich meine, das ist an dieser Gebetsveranstaltung gelungen. Mich haben dann vor allem die Gespräche im Umfeld mit den Menschen dort beeindruckt.
Ich habe selten erlebt - auf der ganzen Welt, und gerade auch in den USA -, wie so viele Menschen für diesen Frieden beten, der jetzt leider keine Realität mehr ist. Sie beten aber auch dafür, dass die Verantwortlichen, auch wenn sie ihre eigenen Entscheide treffen, von denen wir überzeugt sind, dass sie nicht Gottes Willen sind, ihre Überzeugungen verändern - für das Gesamte dieser Menschen.
Ich habe seit zwei Jahren eine amerikanische Zeitschrift abonniert, die "Sojourners Mail". Sojourner heisst Pilger. Das ist eine christliche Organisation, die sich seit Jahren für Menschenrechte, für die Überwindung der Klüfte, aber auch für die Überwindung der Armut einsetzt. Jim Wallis, der Leiter, schrieb schon vor ein paar Monaten klar: Unser Problem - das Problem der USA - ist, dass wir die Menschheit immer in zwei Gruppen einteilen, in die Guten und die Schlechten, und dass wir so sagen, was richtig und was falsch ist. Es gibt in den USA viel mehr Menschen - gerade unter den Christen, die dort mehr Gewicht haben -, die sich dem etwas entgegenstellen. Diese brauchen die Solidarität, damit keine falschen Folgerungen für die Zukunft gezogen werden.
Wir sind alle ratlos, weil wir in diesem Zusammenhang konkret nichts tun können. Aber wir alle haben die Möglichkeit, an den kleinen Orten, wo wir als Parlament dieses Landes tätig sind, die Entscheide zu tragen - und sie mit der richtigen Haltung zu tragen -, sodass dieses Land, diese Welt, in Zukunft vielleicht sogar so etwas wie Versöhnung zwischen Staaten und Menschengruppen erleben darf, und wir nicht einfach nur in der Hoffnung nebeneinander leben, es werde nie irgendwo explodieren.
Wir sind und bleiben eine unvollkommene Welt, weil wir Menschen sind. Aber wir haben als Kleinstaat eine besondere Verantwortung für das Ganze.
Zisyadis Josef · Nationalrat · Waadt · Fraktionslos
Les Etats-Unis sont décidément un Etat "hooligan". Bush a sa guerre, une guerre pas seulement pour le pétrole, mais tout d'abord pour le pouvoir, pour continuer à dominer le monde, pour blinder un ordre planétaire dont les Etats-Unis tirent un gigantesque salaire politique, sans lequel ils ne pourraient pas survivre.
Dans cette course à la barbarie, notre solidarité va en ce moment même aux peuples d'Irak. Il faut tout faire pour éviter que ces populations soient victimes de la violence et de l'horreur guerrière. Mais cela ne suffit pas. Les peuples d'Irak souffrent depuis des décennies d'une guerre larvée, d'un blocus, d'une tyrannie infâme protégée, armée et maintenue en activité coûte que coûte par les grands Etats, ces mêmes Etats qui aujourd'hui vont faire la guerre. C'est cela, le pouvoir de Saddam Hussein. Et sous ce talon de fer ont souffert les peuples d'Irak, ont souffert les femmes, victimes de la réislamisation d'Etat, les pauvres, les esprits libres, toutes celles et tous ceux qui veulent penser et décider démocratiquement. La lutte contre la guerre et la résistance à l'arrogance américaine ne peuvent se faire au prix du silence sur l'oppression vécue par les peuples d'Irak.
Il n'est pas non plus acceptable de condamner le régime de Saddam Hussein de manière formelle pour ne mener qu'un combat contre l'impérialisme américain et son valet socialiste Tony Blair. La solidarité avec les peuples d'Irak, c'est aussi l'appui que nous avons apporter dès maintenant à leur volonté de libération, leur résistance contre la tyrannie.
Aujourd'hui, le Parti suisse du travail/POP demande au Conseil fédéral qu'il utilise tous les moyens qu'il a à disposition pour stopper dans les plus brefs délais cette guerre qui frappe les peuples d'Irak.
Monsieur le Président de la Confédération, nous avons trois exigences dont nous voulons vous faire part.
Première exigence: nous demandons au Conseil fédéral de déposer une résolution urgente à l'ONU pour empêcher toute constitution d'un protectorat américain et pour mettre en place un processus démocratique véritable, un droit à l'autodétermination, un droit à des élections libres, un droit pour les femmes à l'égalité en Irak. Nous constatons que l'ONU a voté depuis des lustres des résolutions sur le désarmement de l'Irak, mais que jamais il n'y a eu de pressions internationales pour obliger ce pays à respecter les droits de l'homme et les droits démocratiques.
Deuxième exigence: nous voulons l'engagement ferme du Conseil fédéral pour le droit à l'existence du peuple palestinien avec un Etat et des frontières sûrs, pour que les résolutions qui ont été votées depuis des lustres à l'ONU soient enfin appliquées.
Troisième exigence que nous avons à l'égard du Conseil fédéral: nous demandons l'annulation du Sommet du G8 qui est un véritable déni du droit international et qui à partir de ce jour, premier jour de la guerre, est une véritable provocation pour la population pacifiste des bords du Léman et pour la population pacifiste mondiale.
L'avenir de la Terre n'appartient pas et n'appartiendra jamais aux bellicistes et aux impérialistes. L'avenir appartient aux exclus, aux faibles que les Etats-Unis veulent marginaliser aujourd'hui. L'espoir est du côté de ces millions de personnes - de jeunes - qui sont descendues dans les rues ces derniers jours et qui descendront ce soir encore dans les rues sur tous les continents pour dire non à la guerre et pour dénoncer à la fois Bush et Saddam.
C'est cette montée de la nouvelle citoyenneté mondiale qui est notre force. C'est cela qui est la force du futur.
Hess Bernhard · Nationalrat · Bern · Fraktionslos
Die Schweizer Demokraten haben mit Bestürzung vom Ausbruch des Irak-Kriegs Kenntnis genommen. Niemand von uns hier in der Schweiz hat diesen Krieg gewollt. Aber es liegt jetzt in unser aller Verantwortung, dafür Sorge zu tragen, dass dem Schweizervolk kein Schaden aus diesem Krieg erwächst. Ich halte es deshalb für angemessen, dass wir in dieser Situation über alle Parteigrenzen hinweg zusammenkommen, um über die Lage zu sprechen, die sich für die Schweiz ergibt. Ich weiss, dass viele Bürgerinnen und Bürger in unserem Land tief besorgt darüber sind, welche Konsequenzen der Krieg im Irak für die Schweiz haben wird. Manche Sorge, die dabei zum Ausdruck kommt, mag übertrieben oder irrational sein. Es ist aber unsere Aufgabe, die Ängste der Bürgerinnen und Bürger ernst zu nehmen. Nach dem 11. September 2001 ist auch bei uns viel über mögliche Gefährdungen gesprochen worden. Das betraf nicht nur die Sicherheitslage. Es gab auch Befürchtungen, dass sich das Klima in unserem Land verändern könnte. Im Interesse des inneren Friedens in unserem Land müssen wir gemeinsam alles unternehmen, um zu verhindern, dass die Schweiz zum Schauplatz einer radikalisierten Auseinandersetzung wird.
Die Schweizer Demokraten fordern die Einhaltung der strikten Neutralität und den Austritt aus der Uno, denn die Vereinigten Nationen und der Sicherheitsrat scheinen nicht nur geschwächt, sondern handlungsunfähig, sich den Weltherrschaftsansprüchen der einzigen Weltmacht USA entschieden entgegenzustellen. Zudem muss man sich die Frage stellen, ob nicht die Krieg führenden Parteien auch die Last der Aufnahme der künftigen Flüchtlingsströme übernehmen sollten. Die Vereinigten Nationen haben es nicht geschafft, eine humanitäre Katastrophe abzuwenden. Es wird nun unsere gemeinsame Aufgabe sein, den Folgen eines Krieges, so furchtbar er auch ist, mit Besonnenheit und Augenmass zu begegnen. Das ist die gemeinsame Verantwortung, der alle politischen Verantwortlichen in der Schweiz in den kommenden Wochen und Monaten gerecht werden sollten; dies unter dem Motto: "Du sollst nicht töten."
Christen Yves · P-M · Nationalrat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion
Je vous invite maintenant à vous lever et à vous recueillir en pensée avec les victimes ou futures victimes de ce conflit.
Der Rat erhebt sich für eine Schweigeminute
L'assistance se lève pour observer une minute de silence
Le président (Christen Yves, président): Mme Ménétrey-Savary a déposé une motion d'ordre.
Ménétrey-Savary Anne-Catherine · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion
Après la diplomatie, après les déclarations et les discours, après les slogans des manifestants, après les cortèges, après les messages de paix échangés à travers le monde entier, après les drapeaux, les pancartes, après les bougies, la guerre est quand même arrivée. Elle occupe présentement notre espace et notre temps, elle mobilise nos esprits.
En cet instant, nos activités habituelles, nos débats, nos querelles peuvent paraître dérisoires ou déplacés. Aujourd'hui, partout dans le monde, dans les bureaux, dans les commerces, dans les usines, dans les écoles, il y a des arrêts de travail.
Il nous semble que nous pouvons nous arrêter, nous aussi, un peu plus qu'une minute. C'est pourquoi, vu la gravité des événements, et pour manifester notre réprobation face à cette guerre, le groupe écologiste vous demande une pause de quinze minutes pendant laquelle chacun et chacune est invité à rester dans la salle dans une tranquillité propice à la réflexion.
Christen Yves · P-M · Nationalrat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion
Abstimmung - Vote
Für den Ordnungsantrag der grünen Fraktion .... Minderheit
Dagegen .... offensichtliche Mehrheit
Schluss der Sitzung um 09.30 Uhr
La séance est levée à 09 h 30